Communauté

Café et boissons gourmandes, 10 clés utiles pour filtrer les tendances

20 Février 2025 - 7017 vue(s)

Page 9 Les alternatives au café, un futur possible

D’aucuns prédisent qu’à l’horizon 2050, le café deviendra rare en raison du réchauffement climatique, avec des prix appelés à flamber. Certains lui reprochent aussi son piètre bilan carbone. D’autres, encore, fuient la caféine ou ses effets secondaires, comme les insomnies et les brûlures d’estomac. De quoi ouvrir le champ à des alternatives autres que les thés et infusions.

 « Le café va devenir plus rare et plus cher, il ne faut pas s’interdire d’explorer d’autres pistes pour diversifier le panel des boissons gourmandes et latte », indique Marie-Hélène Kennedy, du Collectif Café.

Remarqué lors du dernier Paris Coffee Show, Cherico, fondé en 2022 par Guillaume Roy, s’est donné pour mission de réhabiliter la chicorée, longtemps associée aux pénuries de guerre et tombée dans l’oubli. Cette racine proche du pissenlit, une fois torréfiée, est aujourd’hui remise en lumière par la startup qui valorise ses nombreux atouts.

« À l’image de la microbrasserie, la micro-torréfaction connaît une forte progression et nous avons réfléchi à ce que nous pouvions apporter de nouveau sur le marché, d’autant plus que les enjeux climatiques liés au café sont préoccupants », explique Guillaume.

Naturellement dépourvue de caféine, la chicorée est tonique, locale et durable, cultivée dans l’hémisphère Nord, ce qui en fait une alternative pertinente. Il ne restait plus qu’à moderniser son image et à adapter le discours pour en faire une boisson adoptée par le public, et non plus simplement une curiosité.

C’est ainsi qu’il a développé des variantes innovantes associant, par exemple, la chicorée au cacao ou au guarana, créant une boisson énergisante sans effet excitant. Ses créations, tout comme son mélange chicorée-café, ont déjà séduit une cinquantaine de coffee shops, qui cherchent à diversifier leur offre ou à proposer une alternative au décaféiné.

Un autre produit intéressant émerge : le café d’orge, aussi appelé « caffè d’orzo » en Italie. Comme le café, l’orge est torréfiée et moulue, permettant ainsi son utilisation en espresso ou en filtration douce. « C’est une boisson sans caféine, riche en fibres et bénéfique pour la digestion qui se prête aussi bien à la préparation de cappuccino que de frappés », précise Pierre Gaulmin, cocréateur de Maltese, start-up alsacienne. Disponible en version classique ou à base d’orge maltée, cette boisson offre des saveurs grillées, avec des notes de caramel et de noisette. Sa culture locale et durable renforce également son attrait écologique.

Anaïs Marescaux, fondatrice de Lupi Coffee en 2024, explore, quant à elle, une autre alternative sans caféine : le café de lupin, préparé à partir de graines de lupin bleu, séchées et torréfiées là aussi comme le café. Ces graines, riches en nutriments, sont exemptes de gluten, lactose et autres irritants, ce qui en fait une option idéale pour les personnes sensibles à la caféine, les femmes enceintes ou celles en quête d’un mode de vie plus sain.

« Le café de lupin a également l’avantage de réduire de 75 % l’empreinte carbone par rapport au café traditionnel, avec un produit en provenance d’Europe centrale », ajoute Anaïs, soulignant son faible impact écologique.

Une autre alternative qui suscite de plus en plus d’intérêt est la cascara, une infusion réalisée à partir de la pulpe séchée de la cerise de café, longtemps considérée comme un déchet. Aujourd’hui, elle est valorisée pour sa faible teneur en caféine et ses arômes fruités rappelant la cerise et le raisin sec. De plus, elle s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, en réutilisant les sous-produits de la culture du café.

Malgré une certaine réserve de la part de certains baristas et coffee shops, la curiosité les pousse de plus en plus à essayer ces alternatives. Parmi celles-ci, on retrouve également le café de caroube, obtenu à partir de gousses de cacao séchées, torréfiées et moulues. Cette poudre, souvent utilisée en substitution du cacao, offre une saveur naturellement sucrée proche du chocolat, mais sans les effets stimulants du café ou du cacao.

« À l’heure où les boissons gourmandes gagnent en popularité, ces alternatives ne cherchent pas à remplacer le café, mais à enrichir l’offre », conclut Marie-Hélène Kennedy, convaincue que dans le futur, nous consommerons moins de café mais de meilleure qualité, au profit de cafés de spécialité — un phénomène qui devrait aussi, selon elle, toucher le marché du chocolat.

En bref :

  • 🔥 Le café pourrait devenir rare et cher d’ici 2050, à cause du climat.
  • 🌿 La chicorée, sans caféine et locale, séduit déjà 50 coffee shops.
  • 🫘 Le café d’orge (caffè d’orzo) est riche en fibres et bon pour la digestion.
  • 🌸 Le café de lupin, lancé en 2024, réduit l’empreinte carbone de 75 %.
  • 🍒 La cascara réutilise la pulpe du café et offre une saveur fruitée et légère.
  • 🍫 Le café de caroube a un goût sucré proche du chocolat, sans effet stimulant.
  • 🧠 Ces boissons ne remplacent pas le café, elles enrichissent l’offre gourmande.

La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

Contenu abonnés

Consulter l'intégralité de l'article avec votre abonnement Print + Digital ou 100% Digital

Page précédente Lire la suite : Des prix en toute liberté
Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Retrouvez Paul Fedèle sur Linkedin