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Snacking, un ticket gagnant pour la distribution

2 Juin 2025 - 10860 vue(s)

Page 3 Les moteurs du snacking boostés

Quoiqu’il en soit, le défi largement partagé par la plupart des enseignes de distribution, surtout urbaines, sera de prendre des parts d’estomacs de la restauration hors-domicile. Ce qu’elle est plutôt parvenue à réaliser efficacement ces dernières années en profitant d’une image prix perçue plus abordable. Emiliy Mayer, du cabinet Circana, évoque ainsi une augmentation de 9 % en volume du rayon sur la période 2019-2024 et même + 25 % en valeur pour atteindre les 1,5 Md€. En 12 mois (février 2024 – janvier 2025), la croissance des volumes a encore atteint 3,7 % avec des catégories phares à la hausse. « Le snacking chaud, à + 8,1 % grâce au renouveau sur les box, se montre particulièrement dynamique. Tout comme les salades à + 6,2 %, portées par les salades-repas ! », analyse-t-elle. « Le segment phare du sandwich, plus mature, progresse quand même modérément de 1,8 % avec une dynamique d’innovation sur les formats wraps ou mini-sandwichs qui ont le mérite de conjuguer une meilleure image santé à une valeur faciale accessible ». Seule ombre au tableau, les desserts reculent sensiblement de 8,4 %. « Cela s’explique sans doute par les arbitrages opérés par les consommateurs avec une rationalisation du nombre d’items par repas ».

Capitaliser sur l'image prix

Le contexte inflationniste a en effet lourdement pesé sur le pouvoir d’achat des ménages qui ont dû se résoudre à des sacrifices. Et si le temps des hausses effrénées semble dépassé, les prix sont loin d’avoir retrouvé leurs niveaux d’avant flambée. Ainsi selon NielsenIQ, 56 % des Français auraient réduit l’an dernier leurs visites au restaurant et 50 % leurs sorties dans les bars, pubs ou cafés. Dans son étude Speak Snacking 2024, Nicolas Nouchi, du cabinet Strateg’Eat évoquait aussi cette propension des consommateurs à modérer ou réorienter leurs actes de consommation hors-domicile. « 69 % des personnes interrogées ont décidé de se réfugier vers la GMS et la boulangerie, circuits plus économiques et faisant figure de grands gagnants ». Et avec une tendance réelle à séduire les convives sur les moments cœur de repas ! Ainsi, la période favorisait une hausse de la grande distribution comme option déjeuner (23 % en 2024 contre 19 % en 2023) mais aussi pour les dîners (17 % contre seulement 8 % un an auparavant).

En bref :

📈 Le rayon a progressé de 9 % en volume et +25 % en valeur entre 2019 et 2024.
🍴 Les ventes atteignent désormais 1,5 Md€.
🔥 Le snacking chaud bondit de 8,1 %, porté par les box.
🥗 Les salades-repas affichent +6,2 % de croissance.
🍮 Les desserts reculent nettement (-8,4 %), victimes d’arbitrages repas.
📉 56 % des Français ont réduit leurs visites au restaurant, 50 % leurs sorties en bars/cafés.
🏪 69 % des consommateurs se sont tournés vers la GMS et la boulangerie.
🕛 La GMS gagne du terrain sur le déjeuner (23 % en 2024) et le dîner (17 %).

 

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Jonathan Douay Rédacteur en chef adjoint France Snacking