Historiquement, et c’est une spécificité, le rayon snacking demeure une chasse gardée des grandes marques. « Les MDD ne pèsent que 28 % des ventes dans l’univers snacking contre 45 % en moyenne pour l’ensemble des produits. Surtout, ce ratio ne progresse pas alors que partout ou presque les MDD ont gagné du terrain », explique Emily Mayer de Circana. « La rassurance, la capacité à proposer sans cesse de nouveaux produits et de nouvelles recettes, à explorer aussi de nouveaux segments offrent un temps d’avance aux grandes marques ».
Audrey Nicolas, responsable de l’offre alimentaire chez Franprix, insiste sur la sensibilité à l’innovation de ce rayon, qui pèse environ 6 % du chiffre d’affaires total des magasins. Sa vocation est d’être constamment renouvelée. « Car qui dit proximité et flux snacking, dit généralement clientèle régulière qui ne doit pas se lasser ». Le levier premier réside dans la largeur de l’assortiment, même si celui-ci diffère selon les tailles et typologies d’implantation. Le fonds de rayon doit apporter des solutions cœur de repas, en s’appuyant essentiellement sur des marques nationales : sandwichs, salades mais aussi snacking chaud avec croque-monsieur ou pizzas signés MyPie. Tandis que les offres complémentaires varient selon les formats de magasins : bar à salade type Picadeli, modules snacking premium en ultra-frais avec Food Maker (salades, plats chauds) ou Luna (sandwichs The Bread Bandits).
Elle observe avec intérêt les performances des produits d’inspiration asiatique tels que les rolls type sushis ou les onigiris, qui apportent une solution roborative et économique pour les jeunes, avec des marques comme Kumo ou Sonigiri (rebaptisé Igiri). « Nous gardons un regard attentif sur la restauration hors-domicile, qui joue un rôle d’incubateur de tendances. Parmi celles que nous regardons de près, il y a bien sûr la gastronomie italienne, l’exotisme ou le végétal avec une offre renforcée ». Le halal reste à développer, tout comme les desserts protéinés qui rencontrent un bel écho.
Mee to mais pas que...
Le discours est le même chez Carrefour qui a lancé récemment une nouvelle gamme de tacos à faire réchauffer au micro-ondes à sa marque Bon App’, quelques mois après avoir complètement renouvelé sa gamme de box en mode « me-too » avec un joli succès à la clé selon Thomas Bellier. Le chiffre d’affaires des MDC, qui génèrent 40 % du rayon snacking, y est surpondéré par rapport à la moyenne du marché avec une surreprésentation sur le créneau du sandwich. Et c’est clairement assumé ! « La MDC doit nous apporter une différenciation par rapport aux marques nationales, soit via un produit similaire de même qualité mais à moindre prix, soit en nous permettant d’adresser une solution qui n’est pas couverte par les grands industriels ». Des innovations de rupture, s’inscrivant notamment dans la lignée de l’engagement du groupe Act For Food pour des produits plus sains et vertueux, peuvent alors être testées à petite échelle dans certains magasins avant d’être plus largement diffusées.
En bref :
🏷️ Les MDD ne représentent que 28 % du snacking, loin de la moyenne de 45 %.
🥪 Chez Franprix, le snacking pèse 6 % du CA et mise sur un assortiment large et innovant.
🍣 Produits asiatiques (sushis, onigiris) séduisent les jeunes, avec Kumo et Sonigiri.
🌱 Les tendances observées incluent le végétal, l’italien, l’exotisme et bientôt le halal.
🛒 Carrefour développe ses MDD (40 % du snacking) avec tacos Bon App’ et box « me-too ».
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