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Restauration rapide en France, un secteur résilient mais fragilisé

24 Juin 2025 - 29129 vue(s)

Page 3 Une fragilisation croissante du modèle économique

Le burger reste le champion incontesté, représentant à lui seul 47 % du chiffre d’affaires du secteur selon notre échantillon. Mais derrière cette façade, la machine s’essouffle avec une croissance du segment limitée à 2 %, les chiffres du premier restaurateur de France, McDonald’s, étant stables. La boulangerie-sandwicherie affiche en revanche une santé éclatante, avec +9 % de croissance pour 20 % de part de marché, portée par des enseignes comme Marie Blachère ou Ange, qui surfent sur la demande d’une offre rapide, abordable et perçue comme plus artisanale. Le phénomène du tacos explose avec +21 % de croissance en un an, pour un chiffre d’affaires de 526 M€, soutenu par 6 acteurs majeurs. En parallèle, le poulet frit devient un pilier à part entière. Isolé cette année du burger dans notre analyse, ce segment pèse déjà 1,1 milliard d’euros, soit 5 % du marché. Des enseignes comme KFC, Popeyes ou Chicken Street se disputent une clientèle avide de nouveauté, portée par une demande croissante en produits épicés, gourmands et identitaires. À noter également la progression du végétal, tout comme l’offre halal, qui dépasse désormais 1,4 milliard d’euros selon le Top 150. Environ 30 enseignes affichent une offre halal ou l’intègrent totalement, reflet d’une consommation de plus en plus assumée. Près d’une dizaine d’enseignes halal rejoignent notre palmarès, pas seulement sur le burger, mais aussi sur la Cuisine du Monde avec des marques comme Burger Addict, Chicken Spot, Chicken House Restaurant (CHR), Cantine Corner, Bangcook ou encore Bangkok Factory.

Le déjeuner sacrifié, les circuits alternatifs à la fête

La pause déjeuner, longtemps cœur du business de la restauration rapide, est en net recul. Selon Circana, 37 % des Français ont réduit leurs dépenses à ce moment de la journée. Le télétravail, les arbitrages budgétaires et l’essor de la « gamelle » expliquent cette désertion, avec 45 % des actifs qui apportent leur repas au travail. Les GMS captent une part croissante du marché, dopée par l’élargissement du périmètre des titres-restaurant à tous les produits alimentaires. Résultat : selon la Commission nationale des titres-restaurant, la part des TR utilisée en restauration est passée de 46,5 % à 40,1 % en deux ans. Cela représente 576 M€ de manque à gagner pour les restaurateurs et 756 M€ de transfert vers la grande distribution. Le snacking en GMS explose (+5 % vs 2019), avec des rayons qui se renforcent.

En bref : 

🍔 Le burger domine (47 % du CA) mais sa croissance ralentit (+2 %).
🥖 La boulangerie-sandwicherie explose (+9 %) avec Marie Blachère et Ange.
🌮 Le tacos bondit de +21 % (526 M€ de CA) et s’impose comme un segment phare.
🍗 Le poulet frit atteint 1,1 Md€ (5 % du marché), porté par KFC, Popeyes et Chicken Street.
🥗 Le végétal et l’offre halal progressent, cette dernière dépassant 1,4 Md€.
⏰ 37 % des Français réduisent leur budget déjeuner, 45 % apportent leur repas.
🏪 Les GMS captent la croissance avec l’élargissement des titres-restaurant.
📉 576 M€ de pertes pour la restauration, 756 M€ transférés vers la distribution.

 

 

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Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Retrouvez Paul Fedèle sur Linkedin