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Restauration rapide en France, un secteur résilient mais fragilisé

24 Juin 2025 - 30162 vue(s)

Page 6 Des repositionnements pour résister

À mesure que le marché du burger se segmente et se densifie, certaines marques plus prémiums ou alternatives affinent leurs stratégies pour résister à la pression concurrentielle et tirer parti de leur positionnement différencié dans un contexte d’exigence client accrue et d’arbitrages budgétaires renforcés. Big Fernand, longtemps positionné sur le créneau du burger « à la française », a diversifié ses implantations en misant sur le travel retail avec ses premiers points de vente en aéroport (Nantes, Marseille). À cette offensive territoriale s’ajoute l’arrivée des références poulet croustillant (Paulin, tenders), boostées par des burgers épicés (Paula, Paulo) qui représentent déjà 20 % des ventes. En 2025, l’accent sera mis sur les desserts, les boissons artisanales et l’amélioration de l’expérience client via de nouveaux outils de pilotage de la satisfaction (notes Google). Des initiatives événementielles comme le food truck Hamburgé Mobile au pied de la Tour Eiffel ou les partenariats digitaux (Veepee) viennent élargir sa visibilité et générer du trafic ciblé.

Chez BCHEF, 2024 a marqué une rupture avec un repositionnement affirmé sur le burger gourmet accessible, illustré par la gamme « Les Essentiels » et les menus trios à moins de 10 €. Avec plus d’un tiers des ventes, cette bascule vers une offre qualitative mais abordable repose sur des recettes maison et une refonte architecturale initiée au Havre. Le développement du format drive, l’investissement digital (QR code pour commande à table) et une levée de fonds récente traduisent l’ambition de l’enseigne de devenir une marque refuge, capable de rivaliser avec les grandes chaînes. Junk mise sur la qualité brute de ses smash burgers, des collaborations pointues (Danny Khezzar) et une carte courte, simple et personnalisable. Les Burgers de Papa testent des alternatives au bœuf et renforcent les Petites Dales pour stimuler les ventes additionnelles, tout en proposant le choix entre bœuf et poulet dans chaque burger.

Factory & Co, relancé après sa sortie de RJ, a basculé en 100 % halal et digitalisé son offre, avec un recentrage sur les formats rentables. Roadside et Brut Butcher jouent la carte des produits frais, du sourcing français et de l’expérience client. De son côté, Bioburger, pionnier du burger bio, confirme ses ambitions avec du 100 % bio et vise 60 restaurants d’ici 2027 après une levée de fonds de 2,5 M€. Sur le créneau bagel, Bagel Corner poursuit sa migration vers le coffee-shop avec un parc réduit, tandis que Bagelstein continue son développement actif avec une offre différenciante et un ton décalé. Face à la baisse de fréquentation, Thierry Veil a actionné le levier prix avec un menu 4 items à 9,90 € et une offre structurée en trois gammes : Easy (entrée de gamme), Iconiques (milieu) et Sélection (premium). Les tests avec bornes de commande, qui ont généré +18 % de CA, l’ont convaincu d’accélérer la digitalisation des parcours.

En bref : 

🍔 **Big Fernand** mise sur le travel retail, le poulet croustillant et des initiatives digitales
💡 **BCHEF** réussit sa bascule vers le gourmet accessible avec menus à -10 €
🔥 **Junk** valorise ses smash burgers et collabore avec des chefs comme Danny Khezzar
🥩 **Les Burgers de Papa** diversifient avec choix bœuf/poulet et ventes additionnelles
🕌 **Factory & Co** passe en 100 % halal et se concentre sur formats rentables
🥯 **Bagel Corner** s’oriente vers le coffee-shop, **Bagelstein** accélère avec un ton décalé
📲 Bornes de commande : +18 % de CA pour **Bagelstein**, qui accélère sa digitalisation

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Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Retrouvez Paul Fedèle sur Linkedin