Plus généralement, tous s’accordent à dire que pour sortir de la crise du recrutement, il faut valoriser le secteur et ses métiers. Cela passe par des initiatives comme la Journée Talents & Transmission, que le Groupe Le Duff a renouvelée le 20 mai à Rennes, en présence de Meilleurs Apprentis de France (MAF) et de Meilleurs Ouvriers de France (MOF). Cela peut aussi se faire via des campagnes percutantes, comme celle de Burger King en 2023, basée sur le message « Recrutez-nous ! ». « Travailler chez nous est rarement un rêve d’enfant, mais c’est une option intéressante, vecteur d’employabilité, qui peut engendrer une belle carrière », explique la direction.
Pour Mélanie Prudhon, l’attractivité doit surtout se construire sur le fond : qualité des prestations, développement des compétences, cadre et conditions de travail, ambiance, solidarité et promotion interne. « La formation est aussi un levier d’attractivité », rappelle Esther Kalonji au Snarr, dont les actions visent à améliorer les conditions de travail dans la branche. Le syndicat prône également une approche locale : « Nous portons déjà des actions nationales, mais chaque territoire a ses spécificités, que les restaurateurs doivent mieux connaître et accompagner. »
Ainsi, le Snarr a lancé une tournée « Actions en Territoires », destinée à rencontrer les adhérents, identifier les problématiques locales, valoriser les professionnels auprès des pouvoirs publics et faciliter les échanges. « Nous devons valoriser l’empreinte positive de la restauration rapide sur l’emploi et la société », ajoute Esther Kalonji. Les premières rencontres à Cannes, Rennes et Marseille ont été de francs succès, mettant en lumière les enjeux du recrutement et du bien-être au travail.
Une formation moins financée, mais toujours essentielle
Pour mieux recruter et fidéliser les équipes, la formation reste un levier clé, bien qu’elle dépende de décisions politiques et législatives mouvantes. La loi Pénicaud de 2018, « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », a redéfini le financement et l’orientation des formations dans tous les secteurs. L’organisme dédié à la restauration a été intégré à une structure commune regroupant plusieurs branches, dont le commerce de gros.
« Nous n’avons pas les mêmes types d’entreprises ni les mêmes enjeux », commente Grégory Hulin, directeur Emploi, Formation et Conditions de Travail au GHR. Il dénonce aussi des dysfonctionnements dans la redistribution des contributions des entreprises : « En 2025, les restrictions budgétaires ont provoqué un gel des budgets. Heureusement, les financements recommencent à se débloquer, mais ces à-coups créent de l’instabilité pour les centres de formation. »
Pour pallier ces déséquilibres, la branche HCR (hors restauration rapide) déploiera dès le 1er janvier 2026 une formation conventionnelle financée directement par les entreprises, garantissant une meilleure stabilité. Comme le souligne Esther Kalonji, il est crucial d’« activer des financements complémentaires, par les régions et les départements ».
De son côté, Nicolas Bergerault, cofondateur de L’Atelier des Chefs, estime que la réforme Pénicaud a eu des effets positifs, notamment la création du Compte CPF, qui simplifie les parcours de formation individuelle : « Le compte s’étoffe en travaillant et peut être utilisé librement, ce qui facilite les belles reconversions. »
En bref :
🌟 Valoriser les métiers reste essentiel pour résoudre la crise du recrutement.
🍔 Le Groupe Le Duff et Burger King multiplient les actions pour renforcer l’attractivité du secteur.
🤝 Le Snarr agit localement avec sa tournée “Actions en Territoires”.
🎓 La formation demeure un levier majeur malgré les budgets en baisse.
💡 Le Compte CPF facilite les parcours et les reconversions professionnelles
La suite de cet article est réservée à nos abonnés.