Au-delà de la formation, pour éviter le turn-over, le secteur doit poursuivre sa mutation. La place du travail a changé depuis le Covid. Selon KPMG, 54 % des restaurateurs ont déjà adapté les horaires. Des chaînes comme McDonald’s et Starbucks ont mis en place des plannings flexibles et des contrats ajustés aux besoins des employés. Pret A Manger a cessé de ne proposer que des postes polyvalents à temps plein, et KFC France adapte également ses contrats aux contraintes et aspirations de chacun, avec un mix de temps plein, temps partiel et alternance.
Le patronat et les organisations syndicales avancent main dans la main sur des sujets financiers et de bien-être au travail. « Nous sommes une branche autonome, avec un dialogue social spécifique qui fonctionne bien. Nous travaillons en continu sur des questions-clés comme la grille de salaires minimaux, les primes annuelles, les conditions de travail et les coupures », précise Esther Kalonji. En dix ans, le Snarr a signé 40 accords sur des thèmes variés : congés spéciaux en cas d’hospitalisation d’enfants, travail de nuit, prime d’ancienneté, prévoyance et fonds d’action sociale.
Sur le terrain, la fidélisation passe aussi par la considération. « Un réseau bien exploité gardera plus longtemps ses collaborateurs. Cela passe par des fiches de production et des logiciels prédictifs de chiffre d’affaires qui apportent du confort aux équipes, ou par des tablettes digitales qui renforcent la confiance et le sentiment d’intégration », explique Laurent Delafontaine. Pour Nicolas Bergerault, « les restaurateurs doivent mieux considérer les équipes, en leur faisant tester les produits qu’ils vendent par exemple ». La valorisation des ressources humaines est d’ailleurs un pilier du succès des restaurants dirigés par d’anciens diplômés d’écoles de commerce. « On n’attire et ne retient pas les bons éléments si on ne les traite pas correctement ! » insiste-t-il.
Les technologies jouent également un rôle clé. Domino’s Pizza a déployé un nouveau système de commande en ligne et des process de livraison automatisés. « En réduisant la charge de travail, on rend les postes moins stressants et plus attrayants, donc on fidélise », explique Anne-Marie Lefevre de Leaderia. D’autres avantages, comme des aides à la garde d’enfants ou des programmes de bien-être, renforcent la fidélisation. « Cela attire aussi de nouveaux talents », ajoute l’experte. Les primes sur objectifs sont également plébiscitées, car elles bénéficient à la fois aux salariés et aux entreprises.
« Il faut savoir se remettre en question et innover, pas seulement par la formation, mais à travers tous les leviers qui améliorent la qualité de vie au travail », résume Pascal Vidal. Certains jeunes préfèrent, par exemple, travailler davantage chaque jour pour bénéficier d’une journée de repos supplémentaire. « Ils veulent surtout du temps pour d’autres activités, le travail n’étant plus leur priorité », observe le directeur exécutif du Groupe Delineo. « Nous faisons face à des profils plus attentifs à l’organisation du travail qu’hier », confirme Grégory Hulin au GHR.
La marque employeur devient enfin un levier majeur d’attractivité et de fidélisation. « Les restaurateurs doivent aujourd’hui jongler entre innovation, digitalisation, réinvention des formats et des métiers pour s’adapter aux évolutions du secteur. Grâce à des initiatives innovantes et à une plus grande ouverture d’esprit, ils peuvent surmonter ces défis et redéfinir le paysage du travail », conclut Anne-Marie Lefevre chez Leaderia.
En bref :
🕒 54 % des restaurateurs ont déjà adapté leurs horaires de travail (KPMG).
🤝 Le dialogue social progresse avec 40 accords signés par le Snarr en dix ans.
💻 Les outils digitaux et la technologie améliorent confort et fidélisation.
🌿 Les avantages sociaux et programmes de bien-être attirent de nouveaux talents.
🚀 La marque employeur devient un levier stratégique pour fidéliser et recruter.
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