Fournisseurs

Le sandwich à pain régime

15 Octobre 2025 - 13960 vue(s)

Page 6 Gare à l’atout prix

Attention toutefois à préserver ce rapport qualité-prix attractif qui fait aussi largement le succès du sandwich et demeure, peut-être plus que jamais, déterminant dans la prise de décision des convives. Car, d’après Bernard Boutboul du Gira, créateur de l’indice sandwich, son prix moyen aurait augmenté en moyenne de 20 % entre 2019 et 2023. Une évolution qui ne se fait donc pas sans frais pour les consommateurs tandis que l’expert Nicolas Nouchi, à la tête du cabinet Strateg’eat, s’est intéressé de près aux prix psychologiques « plafond de verre » pour le convive français. Ainsi, dans les enseignes de boulangerie, ceux-ci ne dépasseraient pas pour exemple les 6,27 € pour un sandwich, avec une marge jusqu’à 8,20 € lorsqu’il s’agit de s’adresser à ce que l’expert appelle un « heavy user » du snacking (comprendre quelqu’un qui consomme en restauration rapide au moins 8 fois par semaine) « En cette année 2025, la restauration commerciale connaît une nette baisse de fréquentation. Il y a le phénomène post-inflation, le budget serré des consommateurs qui se rendent par conséquent moins souvent au restaurant ou y dépensent moins », insiste Etienne Schindler, chez Edna Surgelés, qui voit dans ces aspects conjoncturels une motivation supplémentaire à travailler au plus fin son offre de sandwichs. « Nous continuons à innover dans les produits sandwichs cuits et prétranchés qui répondent à cette demande du marché pour une flexibilité maximum et une optimisation des coûts. Ils garantissent en effet une rapidité de mise en œuvre car pas de cuisson ni tranchages à risque en point de vente ». Ces attentes pour des pains toujours plus protéiformes et polyvalents ne sont pas sans conséquences pour les fournisseurs. « La praticité est devenue un prérequis et notre défi en tant qu’industriel réside dans notre capacité à repousser les limites tout en préservant voire augmentant la qualité », explique Laurie Thureau, chez Vandemoortele, qui a notamment opéré un joli travail sur des déjeunettes ou ses burgers et focaccias précuits. « Tout en étant croustillante, la croûte doit rester fine pour ne pas blesser en bouche même après une cuisson flash. Et à l’intérieur, la mie doit rester alvéolée et ne pas sécher. On voit aussi là l’art du laminage et du travail de scarification pour des rendus presque artisanaux ».

La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

Contenu abonnés

Consulter l'intégralité de l'article avec votre abonnement Print + Digital ou 100% Digital

Page précédente Lire la suite : Multi usages pour multi moments
Jonathan Douay Rédacteur en chef adjoint France Snacking