Cette idée de l’entrepreneuriat fait d’ailleurs particulièrement son chemin chez les actifs « séniors ». Contre seulement 11 % à considérer cette perspective en 2024, les voici un an plus tard près de deux fois plus nombreux (20 %). C’est tout bonnement la moitié des plus de 50 ans à envisager une reconversion dans les prochaines années. « C’est l’un des enseignements majeurs de cette étude », souligne Véronique Discours-Buhot de la FFF qui témoigne d’une accélération de la reconversion tardive, portée par la quête de sens, une meilleure maîtrise de leur temps ou encore la transmission des compétences. Les séniors sont aussi un peu plus enclins à reprendre des unités franchisées déjà existantes plutôt qu’à mener des créations ex nihilo (16 % des plus de 50 ans contre 10 % des moins de 35 ans). « Ces chiffres sont d’autant plus intéressants que beaucoup de reprises d’enseignes en réseaux sont à venir dans les prochaines années », commente Véronique Discours-Buhot. Une estimation de 700 000 entreprises, tous secteurs confondus, qui devront trouver un repreneur d’ici 2032 serait ainsi évoquée. Ainsi, âgé de 52 ans, André Rimbault, néo-franchisé Columbus Café après avoir repris le coffee shop de Fenouillet en octobre dernier, en est un parfait exemple. « Après avoir passé 15 ans à gravir les échelons en tant que salarié de la grande distribution jusqu’à devenir responsable de magasin, je me sentais, derrière mon bureau, de plus en plus éloigné du terrain, des clients, des équipes, des produits… », se souvient-il. « Mais nul doute que j’étais aussi mieux armé, grâce à mon expérience, pour devenir aussi mon propre patron ». Un avis d’ailleurs partagé par Frédéric Ach, franchisé Dubble depuis 2018 et aujourd’hui à la tête de 6 établissements dans l’Est de la France. « Est-ce que j’aurais pu franchir le pas plus tôt ? Sans doute. Mais c’est aussi un temps que j’ai mis à profit pour acquérir un bagage qui m’a été très utile dans la construction et le pilotage du projet entrepreneurial, que cela soit d’un point de vue commercial, marketing, stratégique ou managérial ». Avec l’idée en tête, à 55 ans, de mener à bien son projet de multi-franchises pour se construire un solide patrimoine à valoriser, le temps venu, pour s’assurer une retraite plus confortable. Cette appétence des séniors pour l’entrepreneuriat est d’autant plus frappante que, dans le même temps, la proportion de jeunes à vouloir se lancer a reculé de 14 points, et ce même s’ils restent proportionnellement les plus attirés par la perspective d’être leur propre patron (45 %). La raison ? Les incertitudes économiques et politiques, qui freinent les plus impulsifs et les 25-35 ans qui oscillent entre envie d’indépendance et besoin de sécurité.
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