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Le snacking, roi des heures creuses

20 Mars 2026 - 552 vue(s)
En-cas du matin, pause gourmande l’après-midi, apéritif improvisé, le snacking s’impose comme un mode de consommation à part entière, et à toute heure de la journée. Une aubaine pour des restaurateurs confrontés à une baisse globale de la fréquentation et des dépenses sur les créneaux repas historiques ! À condition de saisir cette opportunité en repensant des offres et mises en avant adaptées.

Page 1 Le hors-repas grignote des parts d'estomac

Longtemps vue comme un marqueur culturel, la journée alimentaire des Français poursuit sa mue sous l’effet de rythmes accélérés et de réflexes snacking renforcés. Et si déjeuner et dîner demeurent des repères privilégiés, les prises alimentaires se fragmentent pour venir remplir agendas et estomacs vides, à toute heure de la journée. Pour preuve, 89 % des adultes et 84 % des enfants déclaraient des prises alimentaires, mangées ou bues, en dehors des repas. Pascale Hebel de CWays, qui a participé à cette étude, relevait ce besoin prégnant, dans un contexte incertain, « de se faire plaisir en se tournant vers des produits doudous ». Logiquement, le phénomène impacte les circuits hors-domicile « où l’on voit les petites occasions snacking sur le pouce se multiplier et grignoter des parts de marchés », confirme Maria Bertoch du cabinet Circana. Ainsi, entre 2019 et 2025, la part des visites hors-repas a progressé de 2 points en restauration rapide (48 % des occasions) et 8 points en restauration à table (35 %) ! Cette pratique est intimement liée au rythme de travail alors que l’on note jusqu’à 5 fois moins de consommation hors-repas durant le week-end (apéritif excepté). Nicolas Nouchi du cabinet Strateg’eat, avance le chiffre d’1,2 pause chaque jour en moyenne chez nos actifs et au moins 2 pauses pour 36 % des sondés2. « Elles ne sont pas toujours motivées par la faim mais sont souvent accompagnées d’un liquide ou d’un solide ». Et si le « petit creux » est cité comme motivation principale d’une pause sur cinq, les prises alimentaires, de manière effective, y seraient trois fois plus fréquentes ! « Certains circuits, comme la boulangerie qui a travaillé ses gammes d’impulsion américaines – cookies, muffins, donuts – ont su saisir la tendance. Idem pour les coffee-shops où les dépenses consommateurs ont progressé de 16 % en 2 ans, notamment grâce aux boissons gourmandes et produits d’accompagnement », analyse Maria Bertoch.

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Jonathan Douay Rédacteur en chef adjoint France Snacking