Les temps ont changé, pour la restauration aussi. Alors que l’on parlait de 2 segments, la commerciale et la collective, il y a encore 20 ans, on n’en compte pas moins de 5 en 2026. Et parmi eux, il y en a un que tout le monde suit de près : les CAA ou Circuits Alimentaires Alternatifs. « Ce sont tous les lieux qui font de la restauration mais ne sont pas restaurateurs. Ils ont adjoint à leur cœur de métier l’activité de nous nourrir hors domicile », explique Bernard Boutboul du cabinet Gira. On parle ici, entre autres, des boulangeries, GMS, stations essence, magasins spécialisés et lieux de sport, loisirs et culture. « La logique du snacking en circuits alternatifs est historique : il s’agit de profiter d’un flux. Les gens passent, ce serait dommage de ne pas leur proposer une offre plus complète », relève Rémy Lucas chez Cate Marketing. Ces CAA pèseraient aujourd’hui 25 Md€ de CA sur les 120 Md€ du secteur, et Bernard Boutboul est catégorique : « Ils ont pris ces parts de marché aux acteurs classiques du snacking, chaînes et indépendants ! » Le Snack Show, les 1er et 2 avril à Paris, sera une nouvelle occasion de parler de ces évolutions. « Le snacking est devenu une consommation flexible, pratique et qualitative, que l’on retrouve à tout moment de la journée, dans de plus en plus de circuits de distribution », confirme Béatrice Gravier, directrice du salon. En s’invitant partout, la restauration rapide enrichit des moments et répond à des rythmes de vie plus fragmentés. Nicolas Nouchi chez Stratég’eat soulève une autre raison à cette évolution : « Le client ne se contente plus de l’offre, il regarde et juge l’expérience globale ! »
L’un des segments alternatifs, qui n’en est plus vraiment un tellement le snacking y a une large place, c’est la boulangerie. « C’est aujourd’hui, et de très loin, le leader du déjeuner des actifs ! » lance Bernard Boutboul. « En milieu rural comme à Paris, c’est là que sont les files d’attente à 13h ! » Proposant désormais des produits chauds comme des quiches, des pizzas et des petits plats, les boulangeries, notamment chainées, continuent de prendre des parts de marché aux restaurants rapides. « 95 % d’entre elles proposent des sandwichs, et beaucoup développent des offres profondes et élaborées », relève Florence Berger chez Food Service Vision. Outre le déploiement de places assises, l’innovation continue d’animer ces néo-boulangeries, qui osent même les recettes d’inspiration étrangères, les plats traditionnels de type bouillon ou les brunchs et buffets (voir France Snacking n° 84). Florence Berger annonce + 8 % de CA en 2025, contre + 2 % pour l’ensemble de la restauration. « C’est l’un des moteurs du hors domicile ! » Et ça reste le premier circuit de proximité en nombre de points de vente par habitant en France, même si le parc global se réduit depuis 2 ans toujours selon Food Service Vision.