En parallèle, et de façon plus inattendue, le snacking se fait une place dans les magasins spécialisés. « Le shop-in-shop est un axe de développement pour les enseignes de restauration, mais aussi pour la distribution », relève Florence Berger. Face à l’essor du commerce en ligne, les points de vente cherchent souvent à rentabiliser des m². Ces kiosques permettent aussi de se différencier, beaucoup de clients étant ravis de trouver un espace de détente et de restauration dans leur parcours d’achat. Bien valorisé sur les réseaux, un concept attractif peut même attirer de nouvelles clientèles dans le magasin. « Ce modèle permet aux points de vente d’enrichir l’expérience client et aux franchisés de renforcer leur maillage territorial », indique le DG de Columbus, qui compte une trentaine de shops-in-shops dans différents types de magasins (voir ci-contre). À Dijon, les coffee shops de la ville sont, par exemple, complétés par un kiosque dans un Décathlon, qui fonctionne très bien, « sans cannibalisme ».
Nicolas Nouchi prévient toutefois : « Le snacking a sa place en GSS, à condition qu’il y ait un niveau de trafic suffisant et stable. Un shop-in-shop peut souffrir d’une baisse d’activité du magasin ou de l’arrivée d’un de ses concurrents. » Il faut aussi une mise en œuvre facile, pour limiter la surface et le personnel. Globalement, il s’agit d’ajuster le curseur entre la rentabilité et l’expérience. « S’ils savent qu’il y a une glace à la clé, les enfants peuvent même devenir prescripteurs de visites ! », lance François Charpy, DG de Climb Up (salles d’escalade), qui un grand parcours dans l’univers du snacking. Si les magasins préfèrent généralement s’appuyer sur des enseignes de restauration structurées, des contre-exemples existent. À commencer par Ikea, qui vend chaque année 1,4 milliard de boulettes de viande, avec un parcours client intégrant pleinement la restauration, au milieu de l’expérience et après les caisses. « C’était le réseau de cafétaria le plus en croissance en France en 2024, avec + 20 % de CA ! La restauration chez Ikea est une occasion supplémentaire de visite, donc un levier de trafic. » indique Florence Berger de Food Service Vision. L’enseigne a même testé une offre petit-déjeuner à partir de 1 €.
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