À mesure que la compétition avance, le Mondial ne se vit plus seulement comme une succession de matchs. Il devient une expérience culturelle à part entière. Les équipes, les drapeaux, les hymnes… et les cuisines... Tout est culture ! Pour les restaurateurs, l’opportunité est simple, elle consiste à faire entrer le monde dans l’assiette sans bouleverser totalement leur identité. Pendant quelques semaines, chaque match peut devenir un prétexte à animation, à storytelling, à communication… et à consommation !
Transformer les affiches en opportunités commerciales
Les pays organisateurs offrent naturellement une première source d’inspiration. Smash burgers, hot-dogs premium ou buffalo wings côté américain ; tacos, quesadillas et nachos côté mexicain ; poutine ou smoked meat côté canadien… ces références parlent immédiatement au consommateur. Mais l’intérêt ne s’arrête pas là. Chaque affiche peut devenir une occasion de faire vivre la carte avec une suggestion, un topping, un nom évocateur ou une offre éphémère. « Certaines enseignes ont observé une hausse significative des ventes sur ces opérations thématiques, notamment lors des matchs à forte audience », observe François Blouin, fondateur de FoodService Vision. L’objectif n’est pas de transformer son concept, mais d’introduire du rythme dans l’offre et de créer un rendez-vous récurrent avec le client.
Créer de l’émotion sans complexifier la production
La clé reste néanmoins la maîtrise opérationnelle. Les restaurateurs les plus efficaces ne réinventent pas entièrement leur cuisine. Ils capitalisent sur des produits et la convergence des cartes ou sur des assemblages simples à produire. Une sauce revisitée, un topping spécifique ou un packaging dédié suffisent souvent à contextualiser l’expérience. « Il faut privilégier ses signatures, celles que l’on maîtrise le mieux », rappelle Nicolas Nouchi, fondateur de Strateg’eat. Car pendant un Mondial, la créativité ne doit jamais ralentir le débit. Le consommateur ne vient pas seulement chercher un produit. Il vient chercher une expérience connectée au match qu’il regarde.
Cette logique touche désormais toutes les catégories du foodservice, y compris les concepts healthy. Pokawa prépare ainsi une box à partager à deux, composée de falafels et de gyozas à la volaille, accompagnés de sauces au guacamole ou au curry à sélectionner. « Pour la Coupe du monde de football, nous souhaitons permettre aux clients de manger healthy tout en restant fidèles à notre ADN, en proposant une nourriture fun, bonne pour la santé et comprenant de super aliments. Tout cela reste cohérent avec le branding et booster de vitalité de Pokawa », explique Nicolas Degeraud, directeur marketing et communication de l’enseigne.
Faire du match un moment de consommation collective
Ces activations fonctionnent surtout parce qu’elles prolongent l’émotion du moment. Elles créent un lien immédiat avec le match, renforcent l’engagement et participent à l’expérience globale vécue par le client. « La Coupe du monde agit comme un véritable driver de consommation qui rassemble et permet de mettre en évidence des motivations oblatives : partager un moment joyeux, créer un souvenir collectif, vivre quelque chose ensemble », analyse François Blouin, fondateur de FoodService Vision. Dans ce contexte, l’offre devient aussi un vecteur d’identification et de socialisation.
Le “menu des nations” présente également un avantage stratégique majeur : il se prête parfaitement à la communication digitale. Réseaux sociaux, plateformes de livraison, notifications mobiles ou affichage en point de vente : chaque variation peut être scénarisée comme une nouveauté événementielle. Pas besoin de révolutionner la carte. Quelques ajustements suffisent parfois pour transformer un match en rendez-vous, une offre en expérience… et un client en supporter.
La suite de cet article est réservée à nos abonnés.