Une Coupe du monde peut remplir les restaurants, accélérer les commandes et donner l’impression d’un match gagné. Mais si l’événement ne laisse aucune donnée exploitable, aucune relation client activable et aucun apprentissage partagé, l’effet retombera aussi vite qu’il est monté. Le vrai sujet n’est donc pas seulement de réussir juin et juillet. C’est de savoir ce que l’on fera, dès le lendemain, des nouveaux clients, des paniers générés, des irritants observés et des occasions de retour créées.
Ne pas confondre chiffre d’affaires et valeur client
Pendant le Mondial, beaucoup d’enseignes vendront plus. Mais toutes ne créeront pas de valeur durable. « Bon an mal an, tout le monde va vendre des burgers, des pizzas, activer la livraison et se satisfaire d’un bon chiffre d’affaires. Mais si la collecte et la valorisation de la data ne sont pas réglées, l’effet Coupe du monde retombera comme un soufflé à la rentrée », analyse Ludwig Jamet, cofondateur de Pongo. La vraie question devient alors : qui sont les nouveaux clients ? Qui est revenu ? Qui a augmenté son panier moyen ? Qui a été rentable ? C’est ici que la Lifetime Value devient centrale. Elle permet de sortir du simple ticket de caisse pour mesurer la valeur d’un client dans le temps. Selon Ludwig Jamet, cofondateur de Pongo, certaines enseignes peuvent augmenter la durée de vie client et le panier moyen de 2,50 à 7 € lorsqu’une opération de rétention est correctement structurée.
Se fixer des objectifs visibles par tous
Pour que l’après-Mondial soit constructif, les objectifs doivent être définis avant la compétition, compris par les équipes et suivis pendant l’événement. Ticket moyen, taux de transformation, délais de préparation, livraison, satisfaction, rétention ou Lifetime Value ne sont pas seulement des chiffres : ce sont des repères communs pour savoir ce que l’on cherche vraiment à gagner. « La Coupe du monde est une vraie occasion de toucher un nouveau public au travers de la livraison et du point de vente. C’est aussi un formidable moyen de le fidéliser au travers d’une relation durable par la suite », souligne François Blouin, fondateur de Food Service Vision. Encore faut-il aligner tout le monde sur la même ambition : faire du chiffre, préserver l’expérience et transformer les nouveaux clients en clients récurrents. Les deux tableaux de bord associés — performance opérationnelle et satisfaction client — doivent alors servir de boussole, pas de simple reporting.
Transformer le débrief en rituel collectif
Le débrief ne doit pas rester au siège, au marketing ou au dirigeant. Il doit redescendre sur le terrain, service après service, pour comprendre ce qui a fonctionné, ce qui a ralenti l’équipe, ce qui a généré du panier ou de la satisfaction, et ce qui doit être corrigé avant le prochain match. Comme sur le terrain, la victoire passera par la cohésion, l’entente, la vision commune et l’alignement de tous : cuisine, salle, livraison, marketing, digital et franchisés. L’enjeu n’est pas de mesurer pour sanctionner, mais d’apprendre, d’ajuster et de progresser ensemble. C’est cette boucle — objectifs, action, mesure, débrief, correction — qui permettra de transformer un événement court en avantage durable grâce à l’amélioration continue. Car le dernier but du Mondial ne se jouera pas forcément pendant la finale. Il se jouera à la rentrée, quand les clients recrutés pendant la compétition reviendront… et reconsommeront sans effort.
Bonus : rester dans le match quoi qu’il arrive
Le contexte est plus incertain qu’avant. Tensions géopolitiques, aléas logistiques, cyberrisques, inflation persistante, arbitrages consommateurs, prix du pétrole qui s’envole : le jeu peut se durcir à tout moment. Mais une chose ne change pas : la demande sera là. L’enjeu n’est donc pas de ralentir, mais d’anticiper sans perdre le rythme. Sécuriser ses approvisionnements, prévoir des plans B simples, fiabiliser ses outils digitaux, clarifier sa communication et préparer ses équipes permettent de rester solide quand le match se complique. Pas besoin de sur-réagir. Il faut rester lucide, agile et concentré sur l’essentiel : l’expérience client. Pendant le Mondial, ceux qui performent ne sont pas ceux qui subissent le contexte. Ce sont ceux qui s’adaptent sans sortir de leur match. On ne lâche pas. On s’ajuste. Et surtout, on reste dans le jeu.
Jouer, performer… et célébrer !
La Coupe du monde 2026 n’est pas seulement un temps fort commercial. C’est un révélateur. Elle confirme une réalité : la performance ne tient plus seulement à la visibilité, mais à la capacité d’exécuter juste, au bon moment. Offre lisible, équipes engagées, parcours client fluide, digital synchronisé, expérience maîtrisée : tout se joue dans la préparation, la précision et l’alignement. Ceux qui réussiront ne seront pas forcément ceux qui en feront le plus, mais ceux qui feront le mieux. Car pendant le Mondial, le client n’attend pas une promesse. Il attend une réponse immédiate, simple, fiable et sans friction. Mais il ne faut pas oublier l’essentiel : célébrer. Chaque rush maîtrisé, chaque service tenu, chaque client satisfait, chaque équipe soudée compte comme une victoire. Petite ou grande, elle donne l’énergie pour tenir la distance jusqu’au coup de sifflet final. Le Mondial sera exigeant, imprévisible, parfois physique — presque cardio. Mais c’est aussi ce qui en fait une opportunité rare : rester dans le match, jouer collectif… et écrire sa propre histoire à installer dans la mémoire collective de tout un chacun : les clients comme les collaborateurs ! #AllezlesBleus !
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