Plaisirs sucrés… une part du gâteau convoitée
Portée par l’engouement Gen Z pour les concepts gourmands, la « sweet wave » déferle. Lâcher-prise, quand tu ne nous retiens pas… Pourtant, malgré la multiplication des enseignes spécialisées – mono-produits ou non – le poids des chaînes reste limité dans l’échantillon observé (1,3 %). La croissance du CA (289 M€) a aussi ralenti (+ 5,6 % contre + 13 % l’an dernier), témoignant d’une concurrence exacerbée « notamment sur le snacking sucré l’après-midi » indique Guillaume Desobry, directeur de la chaîne belge spécialiste de la gaufre Waffle Factory. Avec 81 établissements (+ 2), il lui aura donc fallu trouver des alternatives pour préserver le trafic, des formats petites faims au lancement de la Fraich’Waf salée pour l’été. De quoi envisager une première en Travel Retail cette année, en gare parisienne, comme le débarquement en Nouvelle-Calédonie, Royaume-Uni et Allemagne. Même constat chez Crep’Eat avec 6 ouvertures recensées mais un solde à seulement + 1. Communication sur les réseaux, nouvelles boissons, introduction de coupes glacées ont fait partie des mesures prises par l’enseigne engagée qui revendique son savoir-faire traditionnel sur la crêpe. Côté glaciers, l’année fut contrastée, pénalisée par une météo capricieuse, même si « le contexte touristique demeure soutenu à Paris » souligne Häagen-Dazs dont le réseau est resté à taille iso. L’ouverture de nouvelles boutiques “take out” en 2026 (Cergy 3 Fontaines, Bastia) ainsi qu’un format kiosque à Belle Épine doivent répondre aux usages nomades. Même constat chez Amorino qui continue d’essaimer prudemment mais sûrement (116, +4), comme à St Cyprien, Clermont-Ferrand et dernièrement Biarritz. Chez Yogurt Factory, le salut est passé par la digitalisation (bornes), l’innovation et la segmentation. 5 tailles de pot, dont une inférieure à 5 €, ont permis de développer le panier moyen tandis que la nouvelle base vanille et les milkshakes séduisent des clients réfractaires au Frozen Yogurt. Côté développement, la chaîne regarde vers l’Orient (Malaisie en 2025, Inde, Arabie Saoudite et Ouzbékistan en 2026-27). Les inspirations américaines ou asiatiques s’affirment aussi davantage auprès d’une clientèle en quête d’expériences gourmandes et instagrammables. Depuis 2012, La Fabrique Cookies s’est imposée comme l’une des référentes du cookie dans l’Hexagone. Un tiers des 16 M€ ont été réalisés par les 27 boutiques (+ 5) de 15 à 20 m² cette année. Et la volonté est d’accélérer grâce au support du laboratoire de Gennevilliers. Après la Gare du Nord en 2024, le pionnier Laura Todd a renouvelé l’expérience prometteuse à Lille Flandres en attendant gare de Bercy à la rentrée. Reparti d’une feuille presque blanche en 2019, Pascal Champourcy a depuis (re)tracé la voie du succès avec 32 unités (+ 7) en musclant l’offre boissons chaudes et favorisant les collaborations « premium » (Kévin Lacote, Nina Métayer) pour une marque au fort capital sympathie. Sur le bubble tea en revanche, où Momen’Tea semble marquer le pas, l’arrivée du coréen Gong Cha en France (2 700 points de vente dans 27 pays) à Paris ou Lille rebattra-t-elle les cartes dans un marché préempté par les indépendants ? Et que dire du donut… ? Après 18 mois de déferlement du géant américain Krispy Kreme, une vingtaine de points de contacts ouverts en centres commerciaux, Travel Retail ou pieds d’immeubles auxquels il faut ajouter une cinquantaine de vitrines en GMS (Franprix, Intermarché, Carrefour), le départ du DG France Alexandre Maizoué, qui demandait des investissements supplémentaires, a forcément marqué un coup d’arrêt. Alors que l’enseigne subit quelques turbulences à l’échelle internationale, le groupe Wagram Finance, qui pilote la France, souhaite se donner le temps d’absorber ce développement et affiner le modèle au marché français. Outre les collaborations fortes (Barbie, Harry Potter, …) et le retravail sur la gamme classique et les boissons, l’ambition du groupe qui a ouvert récemment en gares parisiennes avec Relay, est de renforcer les synergies avec ses autres enseignes, Columbus en tête, comme en témoigne le lancement récent des desserts liquides ultra gourmands Krispy on Top associant boisson surplombée d’un donut ! 25 ouvertures en France et 60 en Europe, cela reste l’objectif de Dreams Donuts d’ici 2027, qui débarquera au Portugal en juin mais aussi au Maroc, en Espagne et au Luxembourg. Si 70 % des unités sont positionnées en centres commerciaux, l’enseigne belge, qui s’est dotée de 600 m² supplémentaires au siège, a testé une dizaine de displays chez Carrefour et Intermarché. Idem pour le « nordiste » Donuts & Donuts qui continue de faire son trou (24, +8) et s’apprête à tester ce format dans 2 magasins Super U et Carrefour. Après les ouvertures de Lyon Part-Dieu et Strasbourg au premier semestre, l’enseigne lilloise regarde aussi vers l’international (Italie, Afrique). Histoire de faire rayonner l’American Touch à la française…
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