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Café et boissons gourmandes, nouveaux carburants du foodservice

1 Octobre 2026 - 759 vue(s)
Cantonnée jadis au « petit noir » sur le zinc ou en fin de repas, la boisson chaude a clairement changé de statut hors-domicile. Café de spécialité, latte, cappuccino, matcha, chaï, ube, chocolat gourmand… mais aussi versions frappées, glacées, mixées ou végétales, toute une nouvelle grammaire se conjugue aujourd’hui en points de vente et s’ancre dans nos habitudes. À la clé pour les professionnels, de nouvelles associations à explorer, d’autres moments à capter et surtout, une formidable opportunité de gonfler les tickets !

Page 1 Le refrain du succès

La grande bataille de la tasse fait rage hors domicile ! Et dans un contexte où chaque euro compte, elle constitue plus que jamais un territoire de conquête disputé, à toute heure et en tous lieux. Et du coffee shop à la boulangerie, de l’entreprise au commerce de proximité en passant par la restauration et les lieux de transit, la boisson chaude s’impose comme un front hautement stratégique pour les acteurs du foodservice en quête de rentabilité… Il faut dire que le convive, attend désormais bien davantage qu’un simple remontant caféiné. « Nos clients viennent chercher plus qu’un produit, ils viennent chercher une expérience, un moment de vie, que ce soit seul ou accompagné », souligne Jean-Baptiste Déprez, le cofondateur des établissements Dose à Paris (4 cafés et un laboratoire). Depuis 2013, celui-ci compte parmi les pionniers du café de spécialité avec des environnements pensés comme des lieux de rencontre entre produit, communauté, et culture du café. « Il y avait un besoin sociologique pour des lieux refuges auxquels la culture du coffee shop a su répondre auprès de la jeune génération ». Cela explique, sans doute, que le nombre d’établissements dédiés ait littéralement explosé sur tout le territoire pour tutoyer les 5 000 aujourd’hui, dont plus de 800 organisés en réseau selon les données partagées par le cabinet Strateg’eat. « Dans les grandes villes le coffee shop ne s’installe pas, il colonise », ose Nicolas Nouchi, son fondateur, qui a observé ce boom en une décennie à peine, avec une accélération encore plus forte post-Covid. « Ce n’est plus une niche, c’est un véritable écosystème avec souvent peu de mètres carrés, peu d’effectifs mais une forte valeur perçue ».

Le refrain du succès

Cette aspiration coffee shop ruisselle déjà sur l’ensemble des formats d’une restauration toujours plus hybride. Jusqu’à devenir un enjeu essentiel pour s’assurer d’un flux de clientèle en point de vente ! Ainsi Jean-François Bandet, le fondateur de la chaîne de boulangerie BO&MIE, réalise déjà près de 30 % de son activité grâce à la catégorie café-boisson et n’entend pas s’arrêter là. Il vient ainsi de nouer un partenariat avec un autre évangélisateur du café dans la capitale, Coutume, lancé il y a 15 ans. L’objectif, mieux affirmer encore son positionnement coffee shop et faire du café de spécialité, avec une recette exclusive à partir de café pure origine brésilien Mogiana, un nouveau standard dans l’ensemble du réseau « mais aussi avec une vision plus responsable, fondée sur la traçabilité et une rémunération plus juste des producteurs ». Car pour qui une origine, pour qui d’autre une histoire, une texture, une esthétique voire une promesse de bien-être, les motivations des convives, se croisent et se recroisent pour ouvrir un formidable champ des possibles à des professionnels voulant avoir voix au chapitre ! Tout l’enjeu consiste alors à composer une offre suffisamment large pour stimuler la découverte, sans noyer le client. « Nous avons besoin de rentrer dans sa routine, de créer des occasions de consommation », indique Jean-Wilfrid Thibault, le General Manager des enseignes Dunkin’, débarquées en France depuis les États-Unis au printemps 2025. « Et cette offre boissons constitue un pilier essentiel dans notre activité, car elle nous permet de créer de la récurrence », ajoute-t-il, alors que la part du CA boissons (chaude et froide) est passée de 30 à 45 % grâce aux actions menées par la tête de réseau en termes d’activation et d’innovation. Plus largement, une carte boissons chaudes efficiente passe par une playlist savamment ajustée entre quelques hits incontournables, des compositions signatures, des classiques rassurants, une ou deux nouveautés et une édition limitée saisonnière…. Ajoutez-y quelques notes végétales et une symphonie de déclinaisons froides et allez, hop, vous tenez la musique du succès !

 

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Jonathan Douay Rédacteur en chef adjoint France Snacking