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16 Décembre 2025 - 2114 vue(s)
Observer les étals de la restauration rapide, c’est aujourd’hui un peu comme tourner les pages d’un Atlas mondial du parfait bec sucré. Et derrière les desserts aux connotations américaines, popularisées par les coffee shops, les univers du dessert et de la pâtisserie se conjuguent désormais dans de multiples langues pour séduire une clientèle avide de découvertes. Du chocolat de Dubaï au mochi glacé, du donut gourmifié à la babka revisitée, toutes ces douceurs dépaysantes redessinent les cartes et dynamisent les moments de consommation.

Page 1 La Sweet Symphonie fait recette

Longtemps cantonnée aux grands classiques hexagonaux, la pâtisserie en restauration rapide prend aujourd’hui des accents plus lointains. Et si muffins, cookies, brownies ou encore cheesecakes se sont hissés en quelques années au rang d’incontournables, faisant déjà figure de locomotives business pour les établissements, la liste des inspirations étrangères sucrées s’allonge à vue d’œil devant le succès que leur réservent les convives, qu’ils soient jeunes pensionnaires de la Gen Z ou âgés de quelques printemps de plus. Il faut dire que les Français ont depuis longtemps démontré leur potentiel de bec sucré. « Le dessert demeure une valeur fondamentale en France, qui traverse les générations. Et si le désir de finir le repas sur une note sucrée reste profondément ancré, il est encore plus présent chez les jeunes consommateurs surreprésentés en restauration rapide », explique Bernard Boutboul, du cabinet Gira, qui en fait même une spécificité française. « Au restaurant, nous sommes en moyenne trois fois plus “plat-dessert” que la moyenne européenne et même cinq fois plus que le reste du monde ». De quoi souligner l’importance de ce moment de fin de repas, souvent décisif dans l’appréciation globale d’un établissement.

À ce rythme, il n’est donc pas surprenant de voir le taux de sucre global de la restauration hors domicile se maintenir à des niveaux élevés. « Aujourd’hui, plus d’une visite sur quatre en restauration hors domicile comporte au moins un dessert (27 %) », confirme Maria Bertoch, du cabinet Circana. Si ce chiffre a légèrement reculé entre 2019 et 2025 (- 1 point), elle attribue ce repli à la baisse des ventes de pâtisseries classiques, pénalisées par les performances de la restauration à table. « Inversement, la gamme américaine a le vent en poupe, boostée à la fois par l’intérêt des consommateurs 18-34 ans, par une offre retail plus étoffée et par le “push” des chaînes sur le marché RHD », poursuit-elle, soulignant que la « sweet touch » reste un puissant levier d’attractivité.

Sur un marché encore très atomisé, où les indépendants restent nombreux, la dernière édition du Top 150 des Majors de la restauration rapide révèle une progression de 23 % du chiffre d’affaires des chaînes positionnées sur les « plaisirs sucrés » en 2024. Une croissance partiellement portée par des acteurs de la glace comme Amorino, mais surtout par des spécialistes de la pâtisserie, mono-produits ou non, aux inspirations venues d’ailleurs. C’est le cas de Waffle Factory, qui a gagné 11 points de vente en 2024 avec sa gaufre de Liège revisitée, ou encore de Momen’Tea et Yogurt avec leurs bubble waffles, sans oublier les réseaux émergents du donut et les incontournables du cookie comme La Fabrique Cookies et Laura Todds.

En bref :
🍰 La pâtisserie en restauration rapide s’internationalise et séduit toutes les générations.
🇫🇷 Le dessert reste une spécificité culturelle forte en France, surtout chez les jeunes.
📊 27 % des visites en restauration hors domicile incluent au moins un dessert.
📈 Les chaînes positionnées sur les plaisirs sucrés ont vu leur CA progresser de 23 % en 2024.
🌍 Cookies, waffles, donuts et desserts américains tirent la croissance du segment.

 
 
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Jonathan Douay Rédacteur en chef adjoint France Snacking