9 raisons de croire ou pas… à une fusion du snacking et de la restauration traditionnelle
Communauté 0

9 raisons de croire ou pas… à une fusion du snacking et de la restauration traditionnelle

25 Mai 2016 - 3777 vue(s)

Cet article n’est pas un scoop, son contenu n’est pas nouveau mais le phénomène snacking s’amplifie à tel point que l’on peut se demander s’il ne va pas bientôt s’immiscer dans la restauration traditionnelle. Sans exagération, les éléments propres à l’un sont en cours de transposition vers l’autre. Laissons de côté le service à table qui fait des incursions dans la restauration rapide et regardons plutôt quelles composantes du snacking peuvent, ou pas, être transposables à la restauration traditionnelle.

PAS D’EXTRACTION, PAS D’ODEUR

Sandwichs, salades, soupes, quiches, sushis… la grande majorité des points de vente de snacking ne nécessite pas d’extraction ni de conduit de cheminée, mis à part les enseignes de hamburgers bien sûr. Le corollaire est que les recherches de sites et les acquisitions d’implantations sont beaucoup plus faciles : possibilité d’implanter facilement un restaurant de snacking dans un ancien magasin d’une autre nature, peu ou pas de travaux compliqués et onéreux et une copropriété plus conciliantes car pas d’odeurs. 

NUL BESOIN DE GRANDS ESPACES  

Deuxième différence notoire : petite cuisine, petit office, petite salle n’empêchent pas ou, plutôt, favorisent de gros débits grâce à la vente à emporter. Et l’acquisition d’une espace réduit est évidemment beaucoup plus aisée et économique. Par contre l’emplacement doit être très visible et la rue passante sauf pour les restaurants exclusivement dédiés à la livraison pour lesquels  la seule visibilité doit être digitale.  

MOBILIER ET EQUIPEMENT SIMPLES 

Comptoir-vitrine, tables et chaises en bois ou métal, mange-debouts, fresques murales surprenantes, sols faciles à nettoyer. Pour la restauration rapide nul besoin d’un architecte d’intérieur ou d’un décorateur renommé nécessitant un investissements lourd. Il suffit de créer un décor et une ambiance qui soient en parfait accord avec le concept du lieu et du produit signature et attractifs pour la cible visée. Un nombre croissant de restaurants traditionnels, à l’occasion d’une rénovation, s’accaparent certains attributs  du snacking ou du fast casual. 

LA VENTE À EMPORTER INTEGREE 

Qui dit restauration rapide dit vente à emporter. C’est pratique de transporter un sandwich, une salade, un dessert ou une boisson dans un packaging approprié. Idéalement, ces boites, bols, gobelets et sacs sont fabriqués sur-mesure et, par conséquent, à la bonne taille du produit qu’il contient, avec un maximum de portabilité et en matériaux biodégradables. Pour la restauration traditionnelle, la vente à emporter ne peut rencontrer le succès que si elle se dote de packagings beaux et adaptés, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. 

LA LIVRAISON ADAPTEE 

Selon la toute récente étude de Food Service Vision qui sera présentée au Congrès du Snacking le 2 juin « 50% des snackeurs interviewés se sont fait livrer un repas au cours des 6 derniers mois. » Normal, il est plus facile de transporter et de se faire livrer un sandwich, une pizza ou une salade qu’un plat cuisiné. Et le coût de la livraison est le plus souvent inclus dans le prix de vente sous le vocable « gratuite ». Et pour les livreurs, dorénavant et majoritairement, en vélo avec sac à dos, quelques sandwichs ne pèsent pas bien lourd. Néanmoins la livraison de plats cuisinés de restaurants traditionnels connaît un véritable boom depuis peu, assurément accéléré par un phénomène comportemental post attentats. Et attention à bien limiter la coûteuse livraison (commission élevée des prestataires) à du revenu additionnel et non à la faire basculer en tant que source principale de d’activité. A ce propos, lire « la livraison peut sauver la restauration ou la tuer ». 

LES PRECOMMANDES A DISTANCE 

Par définition, le snacking 1/ ignore les réservations et 2/ se doit de servir rapidement le client. Les applis sur smartphone et les bornes à l’entrée sont l’alternative aux modules de réservations (avec promotion ou pas) des restaurants traditionnels. Donc, la commande se passe dorénavant de façon numérique. Les gens connectés iront retirer leur commande déjà prête aux caisses dédiées quand les retardataires feront la queue au comptoir. Fast is beautiful ! Certains restaurants traditionnels sont équipés de tables digitales pour passer commande sans serveur et la précommande sur smartphone peut être envisageable également.   

LES SALLES DIGITALISEES 

La consommation d’un repas de snacking ne nécessitant pas l’utilisation d’un couteau, ça laisse une main libre pour photographier, poster, texter ou téléphoner. Car, bien entendu, tous les restaurants modernes proposent une connexion wifi gratuite. En 2016, être connecté n’est plus un plus, c’est un must ! Quelle que soit leur type de restaurant. Ceux qui se posent encore la question vivent au siècle dernier. 

LES INCONTOURNABLES RESEAUX SOCIAUX   

Là où la restauration traditionnelle utilise Facebook au mieux une fois par mois ou pour poster le plat du jour, ce qui n’intéresse personne, les enseignes modernes y organisent des jeux, des concours photos (Instagram) et mettent en ligne des contenus qui font appel à l’engagement de l’internaute. La réussite d’une présence sur les réseaux sociaux repose sur la réaction active et non plus la lecture passive d’une info banale. Tout bon Community Manager peut réussir cela pour n’importe quel type d’établissement. 

snacking-thierry-poupard

Pour résumer, l’infographie ci-dessus mentionne certaines différences entre la restauration traditionnelle et le snacking et montre s’il est possible de transposer certaines caractéristiques de la seconde vers la première, selon la couleur des flèches (verte, orange ou rouge) sous chaque critère, pour tenter de dynamiser l’activité ici ou là. La transposition la plus spectaculaire porte sur le critère « produits » : le hamburger, une exclusivité historique du snacking, a été adopté par la restauration traditionnelle dans sa grande majorité. Comme quoi, les frontières entre ces deux segments de marché ne sont pas infranchissables, surtout concernant les produits. 

MODE DE VIE ET ATTENTES DES MILLENIALS 

En fait, ce qui différencie le plus la restauration traditionnelle du snacking, c’est la cible. Quand la première a été conçue par et vit des Baby Boomers, le snacking s’est développé grâce aux digital native, aux geeks, aux Millénials. L’écart repose sur ces deux profils dont les repères, les attentes, les valeurs ne sont pas les mêmes : les anciens aiment les décors de leur époque et les plats cuisinés de leur grand mère alors que les jeunes sont les plus fervents partisans de ce qui est rapide, frais, sain, du jour, local, sans additif, etc. Cela se vérifie et s’amplifie tous les jours et, fort heureusement, les deux segments de restauration s’y sont mis. 

Que va-t-il advenir des restaurants traditionnels ? Nul ne le sait et il en restera sans aucun doute beaucoup, ceux qui marchent bien. Quant aux autres, ceux qui sont en difficultés, cette brève analyse des principaux critères de base qui les différencient des restaurants de snacking devrait les inciter à une grande résilience. Le but n’est autre que d’encourager les restaurateurs traditionnels à bien étudier les enseignes de snacking et de fast casual qui ont du succès, de s’en inspirer et d’appliquer ce qui peut l’être afin que leur réussite soit aussi celle de la restauration traditionnelle de demain.

 

Thierry Poupard

Restaurant Marketing

www.service-attitude.com

Cliquez sur l'image pour accéder directement au livetweet #congressnacking

Pour continuer à faire vivre son actualité, interagir avec la communauté snacking, continuez d'utiliser le hashtag de l'événement : #congressnacking. Nos experts et nos équipes répondront à vos questions, interrogations afin de faire vivre l'événement jusqu'à l'année prochaine!

Vous avez aimé la lecture ? Faites-le nous savoir !
Commentaires (0)
Les concepts Snacking
décrypter

Dans la même thématique