La #FoodTech ? comment concilier la food et la technologie dans l’assiette !
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La #FoodTech ? comment concilier la food et la technologie dans l’assiette !

3 Juin 2016 - 11139 vue(s)
Mesurer la production des légumes et l’élevage des animaux, apprendre à mieux préparer ses aliments, commander et se faire livrer ses plats à l’instant T, partager et élaborer des recettes avec sa communauté, surveiller sa nutrition, lutter contre le gaspillage alimentaire… Parmi les multiples termes désignant les utilisations et l’avancée grandissante de la technologie, un néologisme tend à faire de plus en plus parler de lui : la foodtech, la contraction de food et de technologie tout simplement ! Bienvenue en 2016 ! Les solutions proposées par la #FoodTech sont grandissantes et gagnent chaque jour des consommateurs de plus en plus nombreux en entrant dans l’usage de tout un chacun. Il n’est pas un jour sans que nous constations qu’une nouvelle solution soit proposée aux agriculteurs, aux consommateurs ainsi qu’aux restaurateurs afin d’améliorer leur quotidien. Nous vous proposons aujourd’hui de décrypter les success stories de 3 startups, toutes créées en 2015. Elles viennent d’effectuer une importante levée de fonds afin d’améliorer leurs services et leurs performances et imaginer le parcours food de demain. Avec des consommateurs de plus en plus connectés, la société "snacking" est à son apogée, bon décryptage...

Crédits : Elior Group

Esprit startup qui es-tu ? Il faut beaucoup de pugnacité et de courage avant de se lancer, mais, il faut croire, au travers des témoignages des fondateurs que nous allons découvrir, que la volonté de changer l'expérience client est plus forte. Etre à la tête d’une startup part de plusieurs constats : nos habitudes alimentaires ou opérationnelles ne sont pas efficientes et la technologie peut nous aider à les améliorer… L’avancée technologique est telle aujourd’hui qu’elle permet de réaliser des rêves d’enfant afin de changer notre perception et notre manière de nous restaurer et d’améliorer nos performances. La clef de leur réussite réside dans l’intégration constante de l’avancée technologique et la manière dont nous allons utiliser le dispositif digital quotidiennement afin qu’il entre dans l’usage de chacun d’entre nous et ré-enchanter notre parcours client (comfortfood).

RAPIDLE
le digital modernise la façon de choisir, commander, gérer et fidéliser

Le libre-service des dosettes Nespresso avec paiement à la caisse sans rien sortir du sac, c’est lui, la toute première borne de commande chez Mc Donald’s, c’est lui aussi. C’était il y a quelques années déjà et Steeve Broutin, fondateur de RAPIDLE, a toujours été sensible au parcours client en magasin et spécialement aux heures d’affluence où il trépigne à votre place en tapant du pied. Il se dit que le commerçant est en train de perdre du chiffre d’affaires et qu’il pourrait considérablement améliorer son image et sa notoriété en apportant une nouvelle solution à ses consommateurs aux heures de pointe !

Fort de son expérience avec Mc Donald’s, il décide de partir à la conquête du marché du click and collect en apportant des preuves tangibles aux commerçants en octobre 2015, en ciblant en premier lieu les boulangers particulièrement touchés par le phénomène, et oui, le célèbre jambon-beurre fait toujours recette… Les données qu’il collecte sont convaincantes : 33 % des clients utilisent déjà le click and collect en retail, 30 % des consommateurs rechignent à faire la queue en voyant la file d’attente, 40 % d’entre eux ne reviennent plus en cas de rupture de produit et puis surtout le temps de la pause déjeuner, en 2016, s’est écourté : 22 minutes ! On est très loin des 1 h 15 accordées voilà 10 ans !

La solution proposée par Rapidle ne se limite pas à une simple application qui intègre la géolocalisation du client et la "trouvabilité" du commerçant dans son rayon. Elle permet de commander en ligne, certes, mais aussi d’assurer une interface avec les stocks du commerçant, car il n’y a rien de pire que de commander un produit et d’apprendre ensuite qu’il n’est pas disponible une fois rendu dans le magasin (c’est ce qu’on appelle un irritant dans le jargon du web qui correspond à l'abandon de panier en e-commerce).

Du point de vue du commerçant, la solution Rapidle permet de choisir en fonction des offres de service que ce dernier propose : la personnalisation de son front-office en intégrant des photos de plats réalisées par un photographe professionnel (la bonne recette airbnb), se charge également du référencement du commerçant au travers de mots clefs pertinents (SEO) et recherchés par les internautes, met en avant ses formules et ses offres promotionnelles, et accepte tous les modes de paiement (tickets restaurant, espèces et carte bleue), permet de créer un compte de crédit (le client fixe son propre montant afin de permettre à son fils ou sa fille de consommer chez ce commerçant ; ce peut être également le cas d’une entreprise pour ses employés). Les services s’étendent jusqu’à la gestion du back-office en fournissant le matériel informatique intégré : tablette, imprimante et les outils de gestion et de reporting liés à cette nouvelle activité. Rapidle se charge également d’accompagner le commerçant dans cette révolution en venant sur le terrain former le personnel et l’aider à convertir les clients à utiliser son application afin qu’elle entre dans l’usage.

Aujourd’hui, Rapidle propose des tarifs ultra compétitifs, sans engagement dans la durée de 59 € à 289 € par mois en fonction de l’accompagnement choisi par le client et ne prend pas de commission sur les paiements effectués. Le dispositif a pour avantage d’être financé dès le premier mois et augmente considérablement le panier moyen à 10.81 € (au lieu de 6.10 € à périmètre comparable) !

Rapidle est en train de lever des fonds afin d’accélérer le développement de ses fonctionnalités. La société prévoit ainsi dans son business model d’améliorer son offre technique afin d’intégrer des programmes de fidélisation personnalisés en fonction de l’offre du commerçant, également d’envoyer des notifications à ses utilisateurs afin de valoriser l’offre de la communauté. Pour finir, Rapidle souhaiterait également développer l’interface avec la caisse du commerçant et pouvoir ainsi s’attaquer à une cible élargie généralisée à la VAE et intégrer l’interprétation des datas collectées afin de prévoir les pics d’activités en fonction des événements locaux, mais aussi l’impact de la météo, favoriser la personnalisation des recettes afin de voir émerger les produits gagnants…

Crédits : www.rapidle.com

 

EXTRACADABRA

Un établissement peut demander et choisir un extra en moins de 5 minutes

Il est 5h50, vous êtes réveillé par votre responsable de bar qui vous prévient qu’il ne viendra pas car il a très mal à une dent… La journée commence bien, déjà il vous a appelé ! Et ça nous est tous arrivés n’est-ce pas ? Autant dire que la matinée va être chamboulée à réorganiser vos shifts de personnel et que vous ne savez pas combien de chiffre d’affaires vous aurez perdu ; advienne que pourra. Ce sont les aléas du métier… Pour faire face à cette situation il existe aujourd’hui une application : Extracadabra qui porte bien son nom.

Deux petits-fils d’Auvergnats passionnés de Food et experts en Marketing digital depuis plus de 10 ans, Frédéric Nardon (ancien responsable de la stratégie Mobile du PMU) et Rémi Boisson - au centre - (précédemment CRM Manager France chez Pokerstars), ainsi qu’un gastronome lyonnais et directeur technique, Vivien de Saint-Pern, (plus de 12 ans d’expérience : Fnac, Chronopost, Air France...). Ces trois amateurs de bonne chair ont eu l’idée de créer un outil pour faciliter la vie des restaurateurs et des extras (étudiants et professionnels…). Avec leur équipe d’une dizaine de personnes, ils veulent améliorer la qualité de service dans le secteur de la restauration, en proposant leur solution digitale à Paris en premier lieu.

Selon de nombreux entretiens menés par la team fondatrice, la difficulté majeure des restaurateurs réside dans la gestion des imprévus liés au personnel. De plus, d’après l’INSEE, 56% des restaurateurs en France considèrent les difficultés de recrutement comme un frein important à leur activité. « Extracadabra permet de résoudre ce problème en moins de 5 minutes », souligne Rémi Boisson alors que deux heures y sont habituellement consacrées sans prendre en compte le manque à gagner…

Le dispositif est une application IOS très simple d’utilisation :

  1. L’établissement exprime sa demande d’extra en moins de 10 secondes et indique la durée de la vacation et son taux horaire ;

  2. l’algorithme d’Extracadabra fait un match instantané avec les meilleurs profils déclarés disponibles et adaptés à l’établissement en fonction de leur localisation géographique ;

  3. L’établissement reçoit en temps réel sur l’application les profils des Extras qui ont postulé et fait son choix notamment grâce aux notes de leurs expériences précédentes ;

  4. L’établissement effectue lui-même les déclarations préalables à l’embauche et rédige les contrats de travail en fonction des données transmises par l’application.

La startup compte déjà 500 établissements clients et 700 extras référencés, vérifiés et appréciés (sur les 7 000 présents dans sa base) par les établissements eux-mêmes. Qu’il s’agisse de plongeurs, de barmen, de mixologues, de chefs de rang, de cuisiniers, d’hôtesses et d’hôtes d’accueil, tous les profils sont ainsi répertoriés depuis son lancement en octobre 2015. Du côté des Extras, pas de CV à fournir : il leur suffit d’indiquer leurs expériences passées et leurs disponibilités. Une fois ses expériences validées, l’extra reçoit des propositions de jobs. Une demande sur deux reçoit une réponse d’Extra en moins de 5 minutes. 92 % des jobs d’Extras réalisés ont vu l’établissement très satisfait, grâce à la sélection précise des profils.

La promotion de l’application s’est bien évidemment faite via les réseaux sociaux en plus d’une présence accrue sur le terrain en utilisant un ton volontairement décalé où restaurateurs et extras, tour à tour, valorisent les avantages d’Extracadabra.

Le business model d’Extracadabra est lié à la mise en relation effective et restera toujours un tiers payant précise Rémi Boisson. Extracadabra perçoit une commission « au succès » : 10 € HT sont facturés au restaurateur dans le cadre d’une mise en relation inférieure à 5 heures avant la prise de poste, 15 € HT si celle-ci intervient dans l’intervalle. Afin de conquérir une nouvelle clientèle et essayer l'application, la première mise en relation n'est pas facturée.

Pour aller plus loin et développer son rayonnement, ses services, ses fonctionnalités et améliorer ses performances, Extracadabra vient d’effectuer un premier tour de table de 150 000 € auprès notamment d’un fondateur de La Fourchette, Marcos Alves (Head of Iberia & Brazil) et d’un fondateur de Doctolib, Thomas Landais. Damien Richardot, cofondateur des Cafés Pinson, intervient également afin d’apporter une vision opérationnelle à l’application. L’application envisage de rendre disponible ses fonctionnalités sur Android en plus d’iOS, dès juin, mais aussi d’apporter des solutions nouvelles (soustraire les fameux irritants) comme la DPAE et le contrat de travail dématérialisés et envoyer des notifications depuis son application native afin d’animer les deux communautés.

Egalement, Rémi Boisson souhaiterait développer les préférences d’un établissement, qui, avec le temps, désirera faire appel à une équipe fidélisée dans le but de raccourcir la période de formation nécessaire aux usages de sa carte et des aspects techniques de chaque établissement. Rémi Boisson explique que l’application a de l’avenir devant elle en élargissant son champ d’action sur les villes de plus de 100 000 habitants en France en premier lieu et en visant également les mégapoles européennes dans un second temps. De même, le monde de la restauration est suffisamment large pour toucher tous les secteurs que sont la restauration traditionnelle, les snackeurs, les boulangers, les néobars à tapas qui poussent aujourd’hui comme des champignons. C’est EXTRA non ?

Crédits : www.extracadabra.com

 

NESTOR

Et si déjeuner au bureau devenait mythique ? J’ai faim !

Le paysage de la livraison de plats au bureau ne fait que se densifier ! La demande est croissante, et il faut croire que les consommateurs ont réellement envie de changer leurs habitudes... en ne se rendant plus aussi régulièrement dans les sites traditionnels faute de temps : ils apprécient que l’on vienne à eux avec des solutions simples, économiques et pouvant garantir un maximum de transparence et une certaine proximité.

C’est en partant de ce constat que l’équipe fondatrice composée de Sixte de Vauplane - au centre -, Joseph de Chateauvieux et Benoit d’Arrouzat se réunit en avril 2015 et crée NESTOR, le restaurant virtuel au nœud papillon. L’ambition de Nestor est de “devenir le plus grand restaurant virtuel en Europe d’ici fin 2017”.

Aucun restaurant partenaire, mais un chef maison, le Chef Julien, passé la prestigieuse école Ferrandi, qui cuisine chaque matin les plats du jour avec son équipe composée de 8 cuisiniers pour faire simple, bon, et fait maison depuis 2 laboratoires situés dans le nord-ouest parisien. Nestor fait régulièrement appel à des grands noms de la restauration afin d’apporter leurs signatures comme Thierry Vaissière, Chef résident à la Maison de l’Amérique Latine à Paris, à ses nombreux clients. Car ce ne sont pas moins de 1 000 clients qui sont livrés chaque jour

Au menu, on trouvera une formule volontairement conservatrice composée d’un menu unique journalier proposé au tarif de 15 € TTC avec la livraison, incluant une entrée, un plat chaud à réchauffer au four à micro-ondes, un dessert, le pain et les couverts en bambou. Ce menu de 380 g est différent chaque jour ouvré hors week-end. La barquette est en amidon de maïs entièrement biodégradable et les livraisons s’effectuent à vélo grâce à un réseau de 500 livreurs en moins de 10 minutes pour 40 % des commandes…

Le succès est tel que lors de notre entretien, jour de pluie, tous les stocks furent vendus à 12 heures. Les clients commandent désormais au préalable pour ne pas être déçus confie Sixte de Vauplane et le jeudi c’est la folie, c’est hamburger pour tout le monde, poursuit-il… Pour compenser l'apport calorique de la veille, le vendredi, c'est healthy : un poisson vapeur aux légumes ! Nous avons ouvert en avril 2015 et nous avons la chance de connaître une croissance de 12 % par semaine !

La communication est également très digitalisée et a permis de toucher la clientèle d’entreprise très rapidement en s’appuyant sur la force des réseaux sociaux et des campagnes publicitaires actives grâce à la force de l’e-mailing. Aujourd’hui, les ambassadeurs de la marque sont récompensés au travers d’opérations spécifiques et d’événements spéciaux propres au personnal branding de NESTOR en intégrant le mythe du produit d’exception dans sa communication. C’est ainsi qu’elle a organisé un jeu permettant de gagner des coffrets d’éclairs de Christophe Adam à sa communauté lors de la fête des mères. Du collier de nouilles aux tricots personnalisés… quel a été votre pire souvenir leur a-t-elle demandé ?

Le lundi 30 mai 2016 Nestor frappe fort en ouvrant son service de livraison de repas livrés à la Défense et annonce simultanément qu’elle vient de lever 900 000 euros, dont 317 000 via la plateforme Anaxago, le reste de la somme étant apporté par des business angels et The Family.

Cet apport va permettre à Nestor de développer sa propre application car le mobile est l’outil shopping universel en 2016 : pouvoir envoyer des notifications à ses clients afin de choisir leurs menus à l’avance, d’animer sa communauté de manière privilégiée mais également de proposer un service essentiel, celui de la gestion de leurs préférences. Savoir quand on a passé commande, quand son plat préféré est programmé sur la carte 7 jours l’avance, mais aussi quand il va être livré grâce au développement du tracking des coursiers…

Sixte de Vauplane poursuit l’entretien et explique qu’à son avis cette tendance de la restauration livrée ne peut que s’accentuer, et gagne déjà les grandes villes françaises et a déjà conquis les mégapoles européennes : cette pratique a convaincu en premier lieu les early adopters pour gagner aujourd’hui un marché de masse qui ne fait que s’accroître chaque jour.

Les effectifs de Nestor au 30 mai 2016 : 8 personnes en cuisine, 22 au digital et à l'administration, 500 coursiers actifs et 3 dirigeants associés.

Crédits :  www.nestorparis.com

Pour conclure, sur la #FoodTech, le digital modernise la manière de repenser son parcours client :

  • Intégrer un dispositif digital dans son expérience client (costumer centric), de nos jours, apparaît comme une priorité quand on est un commerce fast casual de surcroît.  Il correspond aux attentes du cœur de cible, âgé de 16 à 34 ans qui recherche une "experience to the max"… C’est bon pour l’image, la notoriété et le marketing… D'autres secteurs comme le retail ont d'ores et déjà pris leurs dispositions, ces applications mobiles sont déjà entrées dans l'usage ! Il est très onéreux de développer une application pour soi sauf si son réseau est très important. Ces solutions permettent un retour sur investissement immédiat à faible coût.
  • La géolocalisation permet de redonner le pouvoir au local et d’envisager de réels partenariats avec les événements qui se déroulent dans votre ville, on a, finalement, jamais été aussi proche de l’autre dans notre manière de se restaurer.

  • Penser mobile ONLY, en 2016, devient prioritaire afin de rendre la relation entre le consommateur et le restaurateur encore plus forte et émotionnelle : le mobile devient l’outil shopping universel et permet une relation continue avant, pendant et après son parcours dans votre établissement. N'oubliez pas que le snackeur, en 2016 est de plus en plus connecté !

  • Envisagez, intégrez ces nouvelles solutions comme des outils qui vont vous permettre de mettre le plaisir de votre client au centre de vos préoccupations afin de vous consacrer à votre métier essentiellement… et booster vos ventes en proposant de nouveaux services !

Article mis à jour le 14 juin 2016.

 

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#insnackingwetrust!

Pascal PERRIOT @perriot_pascal  UMAMEET pour www.snacking.fr.

 

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