#FoodTech : POKEMON GO, en route vers le web 3.0 ! et en restauration ?
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#FoodTech : POKEMON GO, en route vers le web 3.0 ! et en restauration ?

26 Août 2016 - 4970 vue(s)
Vous faites partie des 80 % de Français qui ont entendu parler du phénomène POKEMON GO cet été… Quelle notoriété pour Nintendo qui a dépassé en un mois le nombre d’utilisateurs du jeu Candy Crush Saga ! Snacking.fr vous propose d’analyser le phénomène au travers des bests practices des enseignes de la restauration, du snack-ing et de la food tech qui ont su surfer à juste titre sur cet engouement hors du com-mun. Ce « drive to store » repose sur la géolocalisation et fait appel à notre mémoire collective. Finalement ne sommes-nous pas d’ores-et-déjà entrés dans l’ère du web 3.0 : celle qui met l’humain et son individualité au centre du sujet ? Comment le par-cours client et de chacun d’entre nous va-t-il être modifié en conséquence ? Voici quelques éléments de réponse afin de mieux s’y préparer et anticiper demain qui arrive très très vite ! Bonne rentrée à toutes et à tous !

POKEMON GO, le jeu de réalité augmentée, sorti en premier lieu aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie le 7 juillet dernier, puis lancé sur le marché français le 24, est déjà plus utilisé que les réseaux sociaux et les applications de messagerie… En substance, l'objectif de cette application pour mobile, est de capturer des Pokémons dans "la vraie vie", mais en réalité augmentée. En bref, des petits personnages de la galaxie Pokémon créés à l'origine pour les consoles Nintendo apparaissent en superposition sur l'écran de smartphone dans la rue, les parcs, les restaurants...(ce qui est appelé des PokéStops). Au joueur de les "chasser", de les attrapper, de les collectionner, de les faire combattre, avec différents artifices. 

On ne peut que saluer la sortie de ce jeu au bon timing au début des vacances scolaires de l’hémisphère nord afin de le faire entrer dans l’usage des early adopters…  Il a (presque) conquis la planète entière en un temps record et est déjà entré dans la mémoire collective de tout un chacun.

Pokémon Go fonctionne à partir de la géolocalisation, les points de repères utilisés dans le jeu sont souvent des points d’intérêts dans le monde physique. Les magasins, les centres commerciaux et les parkings se transforment en lieux privilégiés de la chasse aux Pokémons.

Dans la réalité, le jeu prend sa mesure au sein d’une arène (un terrain de jeu qui peut être un lieu physique dans une ville) ou un Pokéstop (un lieu moins large) où dresseurs et chasseurs de Pokémons s’affrontent.

Evidemment, tout lieu urbain de vie devient un terrain de jeu et l’on constate des attroupements de joueurs qui s’affrontent comme ici Place Bellecour à Lyon…

cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo

Pour comprendre le jeu en réalité augmentée en moins de cinq minutes, écoutez Thomas, Grégoire et Alexandre, trois adolescents, parler de « Pokémon Go » à Marc, 62 ans, une vidéo réalisée par rue 89.

Mais qui est derrière Pokemon go ?

C’est Niantic Labs qui a développé le dispositif digital de gaming Pokemon Go en intégrant la réalité augmentée via la géolocalisation au cœur du jeu. Cette start-up a été fondée par John Hanke (l’un des créateurs de Google Earth – et donc salarié de Google lors de la création de Niantic). Google, Nintendo et The Pokemon Company sont entrés au capital de Niantic à hauteur de 20 millions de dollars avec une rallonge de 10 millions, si bons résultats (il ne devrait pas y avoir de problème de ce côté-là…)

The Pokemon Company gère les droits et la communication autour de la licence Pokémon, elle est détenue à part égale entre Nintendo – Creatures et Game Freak.

Selon une estimation de Sensor Tower, Pokémon Go,

Le premier mois, a permis à Niantic et The Pokémon Compagny de gagner 200 millions de dollars… Car ce jeu n’est pas gratuit et pour poursuivre l’aventure il faut acheter sa pokeball pour capturer les fameux pokemons et l’échec fait partie du jeu (le principe de tous les jeux…).

 

Voici les résultats de leur étude relative à Pokemon Go !

Metronews et l’Ifop ont interrogés plus de 1 000 joueurs le lendemain de la sortie française.

  1. Près de neuf Français sur dix en ont entendu parler

  2. Pas moins de six millions de joueurs en France
    Un score particulièrement élevé chez les 15-35 ans (30%) qui ont rapidement adopté l'application, bien avant sa sortie officielle, pour la grande majorité.

  3. Le joueur-type est une joueuse
    Sans surprise donc, le profil du joueur de Pokémon Go est plutôt jeune et citadin. Les femmes sont plus nombreuses à y jouer, relativement aux hommes : 13% des Françaises déclarent y jouer, contre 10% des hommes. En outre, la majorité des joueurs résident en Île-de-France (17%, contre 10% en province).

  4. Pokémon Go : pour le meilleur et le pire !
    La grande majorité des Français (76%) voient dans le phénomène Pokémon Go l'expression de notre tendance à nous consacrer "à des loisirs de plus en plus puérils". Au-delà de l'image négative qu'ils ont de ce jeu, la plupart des Français (68%) estiment toutefois que le jeu Pokémon Go permet aux joueurs de sortir, de découvrir de nouveaux lieux et de rencontrer d'autres joueurs, voire à certaines personnes de sortir de l’isolement et de la dépression.

 

Quelles sont les opportunités pour les commerçants et plus particulièrement pour la restauration et le snacking à retirer de la réalité augmentée et de Pokemon Go ?


L’expérience réussie de Pokémon Go démontre que nous ne sommes qu’au début d’une nouvelle aventure digitale. Après le web 1.0 basé sur le produit et la mise en avant de ses services de manière statique, après le web 2.0 où le consommateur est devenu consomm'acteur en s’exprimant sur les réseaux sociaux, voici poindre l’ère du web 3.0 centré sur l’individu et ses centres d’intérêts où la proximité est le maître mot pour tout entrepreneur ou marketeur modernes.

Bien sûr, le point de basculement n’est pas atteint et passera, forcément, par une évolution dans la manière de commercer qui reste encore à écrire à ce jour. Le snackeur et le consommateur d’aujourd’hui sont hyper connectés ? Le mobile est devenu une extension de soi au point de devenir l’outil shopping universel ?  Il est l’heure de faire vivre aux consommateurs une véritable expérience de marque.

Aussi, dans ce contexte nouveau, voici 6 bonnes raisons d’intégrer la réalité augmentée dans sa stratégie marketing illustrées notamment dans l’appropriation de certains acteurs du secteur du phénomène Pokémon Go :

/ 1 / Capitaliser sur une expérience unique offerte à ses consommateurs avec la RA

Miroir interactif, paiement sur mobile (ou via Apple Pay) ou auprès des conseillers en rayon, ou, encore, vendeur hologramme… “Le secteur de l’habillement est un laboratoire des plus intéressants en matière de comportements d’achat et d’impact des nouvelles technologies sur l’évolution du magasin“, analyse Jean-Pierre Viboud, directeur général du groupe Oney, banque et filiale du groupe Auchan à l’origine, avec l’institut de sondage CSA, de l’étude “Les Français et leur parcours d’achat dans le secteur de l’habillement” (mai 2016).

Cela peut en refroidir certains mais cette projection est bien réelle même si elle n’est pas sans évoquer le film Minority Report… sans les précops (pour l’instant). Notre parcours client, s’il intègre déjà aujourd’hui des solutions innovantes : Rapidle, Digifood…, risque une fois de plus d’être sérieusement chahuté en intégrant de nouvelles technologies jusqu’alors inconnues.

Les résultats de l’étude ONEY,

parus avant le lancement de Pokémon Go, sont sans appel :

  • La mise à disposition de miroirs interactifs convainc 56 % des Français. 

  • Les bornes séduisent les consommateurs : 79 % des clients se disent, ainsi, intéressés par des bornes de paiement réparties à travers le magasin pour fluidifier le parcours en caisse, et 65 % aimeraient, plus généralement, des bornes connectées en rayon.

  • L’essayage interactif tire son épingle du jeu.

  • 61 % des interrogés seraient prêts à essayer des vêtements de façon virtuelle, à l’aide d’une silhouette reprenant leur morphologie.

  • 42 % des Français sont également prêts à acheter leurs vêtements sans même les avoir vus ou essayés physiquement en magasin.

 

/ 2 / Vraiment connaître les attentes et le comportement de ses utilisateurs et ses prospects

Connaître les centres d’intérêts de ces clients en fonction de la manière dont ils ont renseigné leur profil est un avantage certain. Cela permet de percevoir comment et pourquoi ils s’engagent avec une enseigne.

« Chez OptiMiam, la moyenne d’âge est de 24 ans, nous avons tous en commun la culture Pokémon des échanges de cartes à la récré et la Game Boy old school. C’est en voyant les centaines de joueurs dans Central Park que l’équipe décide de l’utiliser comme outil marketing. Nous avons décidé de tester la réalité augmentée avec Pokémon Go un jour après sa sortie en France. » confie Raodath AMINOU Co-fondatrice & CEO d’OptiMiam, l'appli gourmande, bonne pour le portefeuille, bonne pour la planète.



Jean-Baptiste, Directeur Marketing d’OptiMiam, précise pour FridayFoodTech que « bien connaître ses cibles est primordial afin de mettre en place un dispositif gagnant, surtout lorsque la géolocalisation fait partie intégrante de notre proposition. Dans notre cas nous avons identifié les Pokéstops proches de nos 6 clients à Paris puis avec 1€, nous avons attiré plus de consommateurs en 30 min qu’en une journée ! Nous avons mis en place le processus à 17h00, une heure où les jeunes flânent et sont attirés par une offre de restauration de qualité à un tarif accessible, correspondant également à l’offre de nos partenaires en restauration. »

Déposer un « Leurre », c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Grâce aux « leurres », vous venez de leurs offrir gratuitement une dizaine de Pokémons, mais maintenant c’est à vous de générer des leads. Gardez en tête que vos futurs clients sont fans de Pokémon.

OptiMiam a su montrer son intérêt pour ce jeu, en vivant la même passion et en allant à la rencontre des adeptes de Pokémon Go ! L’équipe créative a dessiné des tee-shirts en reprenant l’emblème de Pokémon Picatchu, et en spécifiant « Pokémon offert par OptiMiam ». Par groupe de deux, ils ont activé les leurres en face des commerçants partenaires pour 6 € seulement. Chaque leurre a ainsi attiré entre 30 et 50 chasseurs.

« Pendant qu’ils chassaient, nous avons échangé avec eux sur Pokémon et expliqué notre démarche avec OptiMiam. Ils ont ainsi pu télécharger l’application puis bénéficier de l’offre proposée par les commerçants à proximité et partenaires » poursuivent Raodath et Jean-Baptiste de concert.

Au total et en une seule journée, OptiMiam a pu atteindre 200 personnes et 130 personnes ont téléchargé l’application tout en proposant une expérience à ses utilisateurs basée sur la réalité augmentée.

Le coût d’acquisition du client (CAC) est de 0.31 € seulement… bien en dessous d’une campagne d’acquisition traditionnelle ! Les partenaires ont également bénéficié du pain bénit…

/ 3 / Prendre le client là où il est grâce à la géolocalisation, la navigation mobile

Les chasseurs de Pokémons sont présents dans Paris le 22 août quand l’enseigne Burgers and Fries (1 Boulevard de Bonne Nouvelle à Paris) décide de surfer sur le phénomène. 5 euros à raison de 60 centimes par demi-heure pour acheter des leurres qui attirent les Pokémons dans le restaurant… En contrepartie elle propose un milshake offert pour l’achat d’un menu.Les restaurateurs les activent les mercredis et les samedis en fin d’après-midi, des heures creuses en termes de fréquentation pour l’établissement. "En ce moment, c’est encore les vacances scolaires, mais bientôt ce sera des jours où les jeunes se baladent dans Paris". Les retours furent hors normes soulignent le dirigeant et le Community Manager qui ont confié cette initiative à Zen Chef.

Cela permet également à l’enseigne de diffuser un contenu bien différent que celui de l’éternel burger, de rendre le restaurant "vivant" et d’acquérir de nouveaux clients fidélisés par la qualité de leurs produits puisqu’ils les ont goûtés…

 

/ 4 / Intégrer la personnalisation et être costumer centric 

Les consommateurs les plus exigeants d'aujourd'hui (et bientôt tous les consommateurs) sont facilement ennuyés et rapidement refroidis par tous les messages trop souvent semblables qui leurs sont délivrés. Ils espèrent une qualité supérieure, une livraison plus rapide, et - surtout - une transparente et une personnalisation de l'expérience. Indépendamment de la longévité de la marque, du prix, les entreprises seront désormais jugées sur leur capacité à créer des interactions pertinentes qui brouillent les frontières entre la marque, le e-commerce et la technologie. L'économie de l'attente est définie par le client, grâce à ses données, ses préférences, et récompense les entreprises qui se connectent avec leurs clients de manière significative en prenant en compte la personnalisation et leurs préférences.

C’est ainsi que Daunat, lors du Salon Sandwich and Snack show 2016 propose une expérience en réalité augmentée à ses consommateurs. La fraîcheur est au cœur de leurs préoccupations, Daunat propose une visite virtuelle de son usine afin de montrer le cheminement de la matière première du champ au magasin. En s’appuyant sur cet outil nouveau, elle démontre son savoir-faire unique de sélectionneur de matières premières de qualité mais aussi d’assembleur sur le marché. Elle offre ainsi à ses clients une expérience qui la différencie de ses concurrents et conforte sa position de leader.

/ 5 / Intégrer la proximité dans son dispositif marketing et redonner le pouvoir au local

Il n’a pas fallu longtemps aux marques pour s’emparer du phénomène Pokémon GO. C’est tout naturellement que Mc Donald’s se l'opproprie en s’attaquant  aux fameuses arènes qu’il a savamment négocié avec Niantic en premier lieu au Japon pour ensuite s’intéresser à l’Europe. D’après la célèbre chaîne de burgers, ce ne sont pas moins de 3 000 restaurants qui sont identifiés sur l’application comme des Pokéstops et des arènes. Une aubaine pour les consommateurs qui pourront déguster leur menu en attendant patiemment et l’œil aux aguets, les Pokémons tant convoités (et surtout après avoir parcouru de nombreux kilomètres) et profiter de promotions attirantes.

Vous l’aurez compris, la pertinence d'une interaction de la marque à un consommateur est basée sur la localisation en temps réel. Cette évolution est influencée par la façon qui est faite de l’utilisation du mobile et de l’émergence des objets connectés et des wearables (vêtements et équipements connectés, interactifs et intelligents). Aujourd'hui, la proximité locale est un élément essentiel du moteur de recherche tout comme l’interaction avec les événements locaux. Vous êtes une société de restauration installée dans un ville où se joue un match de foot ? Autant être visible sur Google qui ne fait qu’encourager les résultats liés à la localisation de votre établissement en premier lieu en proposant une offre adaptée à l’événement et être trouvable par la géolocalisation.

 

/ 6 / Analyser les données collectées de manière à améliorer ses performances

Récolter les fameuses datas, c’est bien mais… En 2020, 1/3 des entreprises disposeront de leur « Chief Data Officer » dont la mission sera d’interpréter les processus d’achat des consommateurs en fonction de leur comportement ; mais surtout d’établir des études prédictives afin d’améliorer les performances de l’entreprise en automatisant les processus les plus courants et de ne plus envisager la vision et l’avenir de l’entreprise au doigt mouillé comme il est encore trop courant de le constater aujourd’hui.

IBM crée le chef Watson. Nous entrons dans l’ère cognitive et IBM Watson aide de nombreux secteurs. Watson est conçu pour comprendre, raisonner et apprendre – d'une certaine manière à penser.

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Vous découvrirez dans cette vidéo (entre autres innovations digitales dans la restauration) comment Watson, un robot, établit des recettes encore inconnues à partir de la chimie et l’alchimie des aliments (vous avez bien lu). Les cuisiniers interagissent autour des recettes ainsi créées et font naître de nouveaux produits plus harmonieux dans leurs associations gustatives et nutritives.

Pour conclure sur l'application Pokémon Go et la réalité augmentée

On comprend mieux pourquoi Google, géant de la publicité en ligne, a investi autant dans Pokémon Go via sa filiale Niantic : en un peu plus d’un mois, ce jeu s’annonce comme étant un révélateur de ce que sera la réalité augmentée, soit un moyen de créer de la valeur pour de nombreux commerces physiques. Les premiers chiffres sont déjà là pour prouver que cela fonctionne… (Nous verrons comment le phénomène évoluera une fois la rentrée passée et des conditions d'utilisation de l'application !...) tout du moins tant que la concurrence ne fait pas encore la même chose. Les commerces traditionnels vont donc devoir se poser la question : dois-je profiter de cette opportunité au plus vite, ou dois-je attendre de voir comment les choses vont évoluer, au risque de passer à côté de la prochaine révolution numérique ? Quoiqu’il advienne, ceux qui n’ont pas encore entamé leur transition digitale doivent s’y mettre activement comme en témoigne le rapport Accenture concernant les entreprises françaises. Il va être difficile pour une société de restauration installée dans les centres commerciaux de pouvoir côtoyer des établissements passés au web 3.0 alors qu’ils sont restés à l’âge de pierre… Bien évidemment, avant de se lancer, il conviendra de bien identifier quelles sont les attentes de sa cible primaire et que le dispositif est bien en adéquation avec son positionnement. N’oublions pas, non plus, que les données que nous confierons à ces dispositifs en diront long sur nous et sur nos comportements, tellement humains.

Alors, quel genre d’expérience digitale et cognitive souhaitez-vous créer ?

N’oubliez pas de partager vos expériences sur twitter @francesnacking et facebook et cet article, s’il vous a été utile, avec votre communauté !

Bonne reprise à toutes et à tous !

#insnackingwetrust!

Pascal PERRIOT UMAMEET pour www.snacking.fr.
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