EG Group (Euro Garages), un appétit débordant en France et dans le monde
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EG Group (Euro Garages), un appétit débordant en France et dans le monde

9 Mai 2018 - 2218 vue(s)
En 5 ans, le britannique EG Group plus connu sous l’entité Euro Garages, est passé de 100 à près de 4 500 stations d’autoroutes et de routes secondaires en propriété pour un CA de l’ordre de 6 md€ en 2017. En France, comme il le fait à l’international, l’opérateur à la fois pétrolier (Esso, BP…) et prestataire de services, nourrit de belles ambitions aux côtés de marques partenaires. Avec 200 projets de boutiques et restaurants dans l’Hexagone et le Benelux, EG Group y déploie ses marques associées dont Subway, Pomme de Pain, Carrefour, Starbucks, Paul, Courtepaille, KFC alors que d’autres sont encore en négociation. Eric Brisard, Directeur développement et partenariats d’EG Group détaille à France Snacking sa stratégie.

 

En quelques années, EG Group est devenu un acteur majeur sur route et autoroute. Qui est ce groupe ?

A l’origine, ce sont des frères, Mohsin et Zuber Issa, deux britanniques d’origine indienne qui rachètent en 2001, une première station-service à Bury dans le nord de l’Angleterre qu’ils rasent complètement pour reconstruire une aire nouvelle génération. Leur idée à l’époque : placer sous un seul et un même toit, les services et la restauration. Leur modèle qui fait rapidement ses preuves repose sur l’association à une activité de pétrolier, de marques comme Subway, Greggs, Starbucks, Burger King ou encore KFC.  Cette histoire familiale va devenir une vraie success story à la faveur de la décapitalisation des pétroliers qui leur cèdent des stations dont ils acquèrent murs et fonds de commerce. Douze ans plus tard, en 2013, les deux frères alignent déjà 100 stations. Puis, c’est un tournant pour le groupe qui fusionne en octobre 2016 avec un autre acteur majeur européen TDR pour créer, une nouvelle entité à 50/50 rebaptisée EG Group. Un mariage qui apporte dans la corbeille les 350 stations britanniques des frères Issa auxquelles s’ajoutent les 1 200 déjà en portefeuille chez TDR au Bénélux, et en France mais surtout de nouveaux moyens financiers pour poursuivre le développement à un rythme plutôt soutenu. Ce sera notamment le rachat de 800 stations-service Kroger en février dernier aux Etats-Unis ce qui nous a ouvert le marché américain mais aussi 1 200 aires de services en Italie avec Esso , 1100 en Allemagne et la reprise de Little Chef en Grande Bretagne… De sorte qu’EG Group opère aujourd’hui près de 4 500 sites en Europe et outre-Atlantique. 

Quelles sont ses ambitions ?

EG Group est le premier opérateur pétrolier indépendant européen. Sa stratégie est clairement fondée à la fois sur une croissance externe en rachetant des aires de services sur de bons emplacements générateurs de flux importants naturels d’automobilistes mais aussi sur une croissance organique. Suivant les sites et selon la zone de chalandise, outre le carburant, il y installe toute une panoplie de services qui passent par des boutiques, de l’épicerie mais aussi de la restauration en food to go principalement. Idéalement, nous implantons de la restauration partout où c’est possible suivant l’emplacement. La politique du groupe depuis toujours, a été de nouer des alliances stratégiques et durables avec les marques de distribution comme de restauration. De sorte que nous avons en portefeuille aujourd’hui, à l’échelle du réseau et parmi les marques internationales près de 170 Subway, 120 Greggs, 110 Carrefour, près de 400 Spar, 30 Delhaize, 30 Burger King, 10 Délifrance et encore 2 KFC et plus d’une centaine de Starbucks. 

Quelle est votre stratégie marque ?

Notre volonté est de nous allier avec des enseignes fortes dans chacun des pays et d’étudier avec chacune d’entre elle, les sites à potentiel. C’est un vrai partenariat que nous souhaitons construire avec chaque franchiseur. C’est le cas avec Spar aux Pays-Bas où nous avons une dizaine de sites (et 200 en ligne de mire) tout comme avec Delhaize en Belgique où l’on peut dénombre, 30 boutiques. Nous venons d’inaugurer le premier Cactus au Luxembourg et multiplions les projets. En France, où nous opérons 400 aires dont 340 hors autoroutes, c’est avec Carrefour que nous avançons côté distribution de proximité avec à ce jour 110 stations dont 50 hors autoroutes. Pour la restauration, nous sommes en train de finaliser et d’affiner notre portefeuille de collaborations sur les 6 segments que nous avons identifiés. En fast-food, Burger King déjà présent en Hollande et en Belgique pourrait être en France alors que le premier KFC y sera inauguré en juillet sur autoroute et que 6 autres sont au programme d’ici la fin d’année. Sur la sandwicherie, Pomme de Pain est un vrai allié déjà présent sur 15 aires ; 4 supplémentaires sont prévues d’ici fin 2018. Si un premier Subway a été ouvert en Mars sur l’aire d’Attainville dans le Val d’Oise sur la francilienne, 20 autres seront installés avant la fin 2018. 2 boutiques Paul seront aussi inaugurées hors autoroute dans les prochains mois avec un drive pour l‘un des établissements. Côté Coffee shop, une douzaine de Starbucks lèveront pavillon contre un seul à ce jour situé à Bourg en Bresse sur l’A40. Enfin un accord est en cours avec Courtepaille pour positionner des Comptoirs, dans un premier temps sur autoroute. 

Quels sont les défis majeurs en France et vos grandes forces ?

Le déploiement rapide d’EG Group est aussi un défi opérationnel. Aujourd’hui la structure, c’est 100 personnes au siège et 1500 personnes sur le terrain. Avec près de 200 projets de boutiques et restaurants dans les tuyaux, ce ne sont pas les chantiers et les sujets qui manquent d’autant qu’une vingtaine d’appels d’offres sur autoroute vont sortir en 2018. Nous sommes en train de constituer une équipe qui sera composée pour chaque pays, de directeurs de marques comme c’est le cas aujourd’hui en Grande-Bretagne. Je compte bien opérer de la même manière en France. Parmi les grandes forces de notre groupe, c’est d’être capable d’investir et d’opérer efficacement les sites. Un savoir-faire lié à notre expérience, notre gestion stricte des coûts et notre expertise européenne dans l’animation de marques aptes à générer du trafic et de la valeur. Le défi en France et au Bénélux où le CA est très majoritairement lié à la vente de carburant, est de monter en puissance sur les activités boutiques et restauration pour parvenir comme en Grande-Bretagne à une ratio plus équilibré sur pour chaque centre de profit. 

 

 

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