Occipain La Panetière
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Exclu. La Panetière/Secrets de Pain et leurs 200 unités, repris par Arterris et 2 fonds d’investissement

28 Mars 2024 - 2394 vue(s)
Acteur majeur du pain, de la viennoiserie et du snacking, le groupe aveyronnais Occipain change de mains. Dirigé par le petit fils de fondateur, Guillaume Moly, qui reste au tour de table, l’entreprise passe des mains du fonds Initiative et Finance à un groupe d’investisseurs conduit par la coopérative Arterris aux côtés des fonds UI investissement et Crédit Mutuel Equity.

C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour le groupe Occipain et ses marques La Panetière et Secrets de Pain repris par un pôle d’investisseurs conduit par la coopérative Arterris aux côtés des fonds UI Investissement et Crédit Mutuel Equity au fonds d’investissement parisien Initiative et Finance. «  A travers cette prise de participations majoritaires, nous sommes dans la continuité de la chaîne de valeur de nos métiers »,  explique à snacking.fr Christian Reclus, directeur général d’Arterris, qui a trouvé dans ce réseau régional et dynamique, d’une taille significative, le parfait miroir de la territorialité des activités de la coopérative omniprésente en Occitanie. Pétri d’une réelle discrétion, le groupe Occipain n’en n’est pas moins un acteur majeur de la boulangerie/snacking dans le sud-ouest avec, comme fief, la région toulousaine et un chiffre d’affaires sous enseignes de l’ordre de 70 M€ à fin 2023 pour 200 boutiques. A la tête aujourd’hui de deux réseaux, le premier baptisé La Panetière, marque historique qui coiffe principalement une centaine de succursales et le second Secrets de Pain, créée en 2006 exclusivement pour la licence de marque avec 100 magasins, le groupe a tissé doucement mais sûrement au fil du temps, deux chaînes identitaires et inscrites dans leurs territoires avec des produits majoritairement locaux. Des paneteries dans l’esprit des premières boutiques de l’époque qui proposent des produits rustiques et cuits sur place, en provenance de deux ateliers de production maison, celui historique de Villefranche-sur-Rouergue passé de 400 m² à 4 000 m² et un 2e de 4 500 m² à Colomiers près de Toulouse, qui s’appuient sur un entrepôt logistique de 3 800 m² à Montauban. « Notre histoire a commencé en 1936 avec mon grand-père Fernand qui ouvrait à Drulhe, une première boulangerie baptisée « Au four à bois », devenue La Panière de Rouergue en 1985, puis la Panière lorsqu’il a fallu abandonner le bois pour passer à des fours électriques », explique Guillaume Moly qui a pris la suite de son père Bernard. Une mutation de l’enseigne qui s’est accompagnée dès 1969 d’un changement de modèle avec la fabrication centralisée de pain cru surgelé, face à la volonté de la famille Moly de distribuer plus largement ses produits sur les marchés et d’ouvrir d’autres boutiques. Un développement d’abord exclusivement en propre avant de se diversifier avec la création de la licence de marque sous l’enseigne Secrets de Pain. « Un moyen, explique Guillaume, de cohabiter régionalement et d’occuper le terrain sans forcément se cannibaliser ».

Une restauration boulangère qui pèse plus de 50 % de l’activité

Ce rachat s’inscrit dans un mouvement plus large de concentration, de financiarisation et de globalisation d’un secteur de la boulangerie qui suscite depuis quelques années toutes les convoitises. « Le groupe Occipain dispose vraiment d’un vrai champ d’opportunités qui devrait lui permettre, à nos côtés, de grandir régionalement. Ses valeurs de proximité, de circuits courts et terroirs sont les nôtres », précise Christian Reclus. Et Quentin Matillon, directeur d’investissement en charge du fonds Agro chez UI investissement d’ajouter : «Le développement d’acteurs régionaux s’inscrit parfaitement dans la stratégie de notre fonds sectoriel ‘Agro’ et de l’ancrage régional d’UI qui dispose de 13 bureaux répartis sur le territoire ».  Pour Guillaume Moly, sa nouvelle feuille de route pour les 5 à 7 ans à venir, prévoit une centaine de points de vente supplémentaires. « Nos deux enseignes dont Secrets de Pain avec capex accessible à partir de 250 K€, ont pour elles de s’appuyer sur un savoir-faire pointu dans le cru et cuit surgelé, une centrale d’approvisionnement puissante capable de livrer toutes les boutiques, avec une grande diversité de produits ».  En effet, aux différentes gammes de pains, de viennoiseries ou de pâtisserie, s’ajoute une large proposition de produits de snacking  qui pèsent aujourd’hui près de 50 % de l’activité des boutiques. « Nous misons beaucoup sur notre restauration boulangère qui devrait encore se renforcer avec l’arrivée prochaine de burgers et de plats cuisinés », ajoute Guillaume qui compte bien aussi renforcer ses propositions de boissons chaudes pour répondre à la tendance d’aujourd’hui.   

Paul Fedèle Rédacteur en chef France Snacking Retrouvez Paul Fedèle sur Linkedin
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