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Inflation, télétravail, titres-restaurant, comment le déjeuner des actifs français évolue ?

11 Avril 2024 - 2325 vue(s)
La dernière enquête Flashs/Selvitys/Openeat traduit la grande diversité des pratiques adoptées par les salariés sur leur pause déjeuner. Un temps jugé largement nécessaire mais globalement écourté par les télétravailleurs… Solution moins coûteuse ou assurance de manger sainement, le recours à la gamelle concerne aujourd’hui près de la moitié des salariés français.

Non, le phénomène de déstructuration des repas n’a pas encore eu raison du sacrosaint déjeuner des Français. C’est en tout cas ce que met en lumière la dernière étude conduite par Selvitys et Flashs, à l’initiative du spécialiste des titres restaurant digitalisés Openeat. Ainsi, plus de la moitié des 1 000 salariés français sondés (54 %) indiquent attendre avec impatience leur pause déjeuner, quand 39 % supplémentaires voient avant tout cette pause méridienne comme un « moment nécessaire, ni plus ni moins ». Ils ne sont ainsi que 7 % seulement à indiquer qu’ils pourraient s’en passer… Moment de convivialité ou de respiration, c’est selon ! 82 % estiment en effet que déjeuner avec leurs collègues permet de renforcer les relations professionnelles mais 7 Français sur 10 jugent que déjeuner seul leur permet de mieux se ressourcer. Ils sont ainsi 18 % des salariés à déclarer opter pour la solution solo sur leur lieu de travail et 38 % à alterner avec la compagnie de collègues.

Une pause déjeuner écourtée en télétravail !

On le sait, depuis la pandémie de Covid-19, le recours au télétravail a sensiblement augmenté au sein des entreprises. Et ce n’est forcément pas sans conséquence sur le déjeuner de leurs salariés, avec une durée de pause qui va varier en fonction du lieu. Car selon l’enquête, Flashs/Selvitys/Openeat, la durée de pause que s’accorde un télétravailleur serait même plus courte que lorsqu’il se rend au bureau !  Ainsi, en « distanciel », 52 % des salariés interrogés s’octroient moins de 30 minutes de battement pour déjeuner contre 45 % sur site. Pour 40 % des télétravailleurs, la pause dure entre 30 minutes et 1 heure contre 45 % pour les personnes se rendant sur leur lieu de travail.

La gamelle, entre choix contraint ou assumé

Près de la moitié des personnes interrogées (43 %) apportent leur plat préparé au préalable chez eux pour le déguster sur leur lieu de travail. Ils sont également 23 % qui privilégient les formules à emporter et 17 % en moyenne se dirigent vers le restaurant d’entreprise. 73 % de celles et ceux qui optent pour la « gamelle » le font d’abord pour des raisons économiques et 34 % y voient l’assurance de manger plus sainement. La pratique de la gamelle est davantage répandue chez les salariés séniors (entre 55 et 64 ans), majoritairement des femmes et venant de communes rurales. Cependant, 52 % de celles et ceux qui pratiquent le « fait-maison » adeptes ont déjà changé d’avis plus d’une fois pour aller finalement au restaurant ou à la cantine. Lorsqu’ils travaillent, 71 % des salariés interrogés vont plus ou moins souvent au restaurant le midi contre 11 % qui ont indiqué s’y rendre systématiquement et 29 % n’y déjeunent jamais. Pour ce qui est du menu, les femmes optent de manière préférentielle pour la formule « plat-dessert » (52 % vs 35 % pour les hommes), les hommes étant quant à eux plus enclins à privilégier l’entrée dans leur menu (39 % vs 24 % parmi les femmes).

Les titres-restaurant ne servent pas qu'au restaurant

Et quid dans tout ça de l’impact de l’octroi, par l’entreprise, des fameux titres-restaurant pour que les salariés puissent se restaurer ? 72 % des salariés sondés disposant de tels titres les utilisent aussi pour… payer leurs courses en grandes surfaces. Près d’un sur 10 ne les dépenseraient même que dans ce cadre-là (9 %) ! Rappelons que le gouvernement avait décidé courant 2022 d’élargir provisoirement le champ d’utilisation des titres-restaurant à l’achat de tous types de produits alimentaires. Ceci afin de lutter contre l’érosion du pouvoir d’achat des Français dans un contexte inflationniste. La mesure, qui devait prendre fin au 31 décembre dernier, a finalement été prolongée d’une année supplémentaire par le Parlement. Avec effet réel, donc, sur les pratiques des salariés à en juger par les résultats obtenus auprès de l’échantillon puisque seulement 26 % des sondés ne consacreraient leurs titres-restaurant qu’au seul règlement de leur déjeuner. A noter que sur les 503 salariés interrogés qui bénéficiaient de titres restaurant, 16 % n’utilisaient pas la totalité de leurs titres chaque année.

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