Feu sur le breakfast
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Feu sur le breakfast !, le livre de Gilles Fumey qui pose la question de l'utilité du petit-déjeuner

19 Août 2020 - 1385 vue(s)
Dans ce livre qui paraît le 22 septembre, Gilles Fumey, géographe de l’alimentation met au débat l’utilité du petit déjeuner comme repas soi-disant « indispensable » pour bien commencer la journée. Un premier repas matinal qui n’est peut-être pas aussi nécessaire qu’on le dit…

Que disent la géographie et l’histoire culturelles sur le petit-déjeuner ? Que ce repas matinal en Europe et à l’international résulte grandement de l’urbanisation des sociétés contemporaines; mais qu'il n'est peut-être pas si essentiel que l'opinion publique semble le laisser entendre...Dans cet ouvrage de 130 pages, Gilles Fumey professeur de géographie culturelle à la Sorbonne, pose la question de la nécessité de ce repas, promu un peu partout sur la planète comme l’une des pauses alimentaires majeure de la journée. Contrairement aux Allemands et aux Français, qui petit-déjeunent avec application et conviction, les Italiens aujourd’hui, comme tous les humains hier avant cette « invention » urbaine, nous mettent devant une réalité pas très orthodoxe : non, le petit-déjeuner n’est pas forcément nécessaire pour tout le monde ! Pire, il s’avère être une catastrophe sanitaire pour certains qui souscrivent le matin à cette injonction. Les médecins signalent, en effet, l’existence d’un pic de cortisol le matin au lever, qui prépare nos corps aux tâches de la journée et qui se produit sans que nous ayons besoin de manger.

Repas essentiel ?

Comme le précise dans son ouvrage Gilles Fumey, autrefois, l’on ne mangeait rien en se levant, mais seulement après plusieurs heures d’activité, le paysan cassait la croûte, le maçon et le mineur prenaient un en-cas arrosé d’un verre de vin ou d’une soupe, tout comme le bourgeois. Les plus raffinés buvaient une tasse de ces nouveaux breuvages (le café, le thé, le chocolat) recommandés par la médecine et confortés par la mode. L’école va diffuser, tardivement, la nouvelle rythmique alimentaire en quatre temps, alors nommés : le déjeuner, le dîner, le goûter et le souper, à laquelle toute la société va adhérer. « Déjeuner » signifie « rompre le jeûne » (en anglais breakfast), et « dîner », « manger à dix heures ». Toute collation appartient à une culture donnée et dispose de son rituel, avec ses horaires qui évoluent au fur et à mesure des siècles et des pays. Les Athéniens se contentaient d’un morceau de pain trempé dans un verre de vin pur, pris debout à peine réveillé, tout comme les Romains avec le jentaculum… La pureté du vin était indispensable pour garantir une bonne journée ! Dorénavant, l’on ingurgite des produits aux origines inconnues, au kilométrage extravagant, à la saisonnalité détraquée…

La géographie culturelle de ce repas matinal en Europe éclaire d’un jour nouveau le petit-déjeuner qui n’est peut-être pas aussi essentiel qu’on le dit. A commander sans tarder. Aux Editions Terre Urbaines Collection L’Esprit des Villes. 

Gilles Fumey qui tient une chronique régulière dans France Snacking, est aussi l’auteur de L’Atlas global (Les Arènes), Atlas de l’alimentation (CNRS-éditions), Géopolitique de l’alimentation (Sciences humaines), L’alimentation demain (CNRS-éditions).

Tags : Gilles Fumey
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Commentaires (1)
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Par Guite 25 le 14/09/2020 à 07:23
Je ne peut pas demarrer sans un café, des tartines de confitures maison...
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