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Tri des déchets : 15 chaînes de restauration rapide signent un contrat d'engagement

12 Juin 2019 - 585 vue(s)
15 enseignes majeures de la restauration rapide ont signé ce mardi 11 avril un engagement auprès du gouvernement en faveur du tri de leurs déchets. Celui-ci vise à rendre au moins 70 % de leurs restaurants opérationnels au tri d’ici à la fin de l’année et 100 % à horizon fin 2021.

Acté sous la pression du gouvernement, à la suite d’une rencontre organisée hier au ministère de la Transition écologique, le « contrat d’engagement de la restauration rapide pour le tri des déchets » a été signé par une quinzaine d’enseignes de restauration rapide : McDonald’s, KFC, Burger King, Starbucks, Domino’s Pizza, Subway, Class’Croute, Exki, La Mie Câline, La Croissanterie, Paul, Jour Healthy Groupe, Five Guys, Cojean et Pomme de Pain. La chaîne Brioche Dorée, absente pour des raisons logistiques, a publié un communiqué en fin d’après-midi pour indiquer qu’elle se joignait à elles. Ce contrat d’engagement, que leur a fait signer la secrétaire d’Etat Brune Poirson, prévoit la mise en conformité de 70 % des établissements de ces enseignes avec leurs obligations en matière de tri des déchets, dès la fin 2019. Cette barre serait ensuite surélevée à 90 % d’ici au 31 décembre 2020 et 100 % au 31 décembre 2021. Les enseignes signataires devront rendre compte tous les six mois et "restaurant par restaurant" de "l'état d'avancement du déploiement", précise le texte. Toutefois certains établissements "pouvant présenter des contraintes opérationnelles" obtiendront "plus de temps".

"L'environnement, la planète, ça n'attend pas : de toute façon c'est une demande très forte des consommateurs. [Or] pour beaucoup de ces entreprises, la réputation est parfois plus importante que la sanction", a affirmé Mme Brune Poirson.

Des manquements pointés du doigt...

Concrètement, depuis le 1er juillet 2016, les établissements de restauration sont tenus de trier à la source 5 flux de déchets : papier, métal, plastique, verre et bois. Ce tri à la source regroupe l’ensemble des opérations réalisées sur des déchets et permettent de séparer ces déchets des autres déchets et de les conserver séparément, par catégories, en fonction de leur type et de leur nature. Les restaurants générant plus de 10 tonnes de biodéchets par an (et 60 litres annuels pour le cas particulier des huiles alimentaires) doivent également effectuer un tri à la source de leurs biodéchets en cuisine et en salle. Il est d’ailleurs prévu que cette dernière obligation s’étende à tous les restaurants, sans limite de seuil, à compter du 1er janvier 2025. Or, une enquête menée fin 2018 par le ministère auprès d’une cinquantaine d’établissements inspectés, avait pointé du doigt les manquements du secteur à ces obligations.

... Mais de vraies interrogations qui demeurent

Reste à savoir si ces engagements sont en pratique réalisables alors que plusieurs limites ont d’ores et déjà été pointées du doigt. Pour Thomas Battistini, président de l'enseigne de salad’bar Jour signataire de la charte, "tout le monde a l'air de s'engager, donc c'est plutôt très positif". "Mais le problème aujourd'hui n'est pas de trier dans les points de vente, c'est de valoriser les déchets qu'on a triés". "C'est un écosystème : on dépend des collectivités, des acteurs privés de la collecte", a-t-il ainsi confié à l’AFP. Par ailleurs, le Syndicat National de l’Alimentation et de la Restauration Rapide (Snarr), en la personne de son délégué général Dominique-Philippe Benezet, a vivement regretté de ne pas avoir été convié à cette rencontre hier au ministère alors même qu’il en avait fait la demande. « Suite à nos échanges avec Madame la Secrétaire d’Etat Brune Poirson le 31 janvier dernier, nous lui avions adressé un Plan d’action pour un déploiement du tri en restauration rapide avec un certain nombre de propositions concrètes et une feuille de route pour lesquelles nous n’avons eu aucun retour de sa part ». Le syndicat y priorisait notamment ce qu’il considère comme « les vrais enjeux et les flux importants sur lesquels il est primordial de se concentrer pour une collecte, un recyclage et une valorisation des déchets des professionnels », notamment le traitement des biodéchets de la cuisine (95 % des biodéchets produits par le restaurant), de 90 % de papier/carton et 9 % de plastique qui constituent le flux majoritaire des poubelles de salle, ou encore l’écoception des contenants et la lutte contre le suremballage. « Nous sommes dans une logique de collaboration avec les pouvoirs publics, la ministre est dans une optique d’affrontement », a-t-il indiqué, regrettant ce qu’il considère comme des « effets d’annonce » en pointant notamment du doigt la non-habilitation d’une partie des personnes signataires de la charte ou encore l’impossibilité pour une enseigne en franchise de s’engager en lieu et place de ses franchisés, alors même qu’ils seront les premiers concernés par les collectes sur le terrain. En attendant, Brune Poirson a rappelé que les enseignes qui ne seraient pas en conformité risqueraient « des amendes et des sanctions pénales ». Elle "ne s'interdit pas" d'alourdir les sanctions prévues en cas de non-respect des obligations du secteur en matière de tri, dans le cadre du projet de loi sur l’Économie circulaire qui sera présenté en conseil des ministres à l'été, a-t-elle déclaré à la presse au sortir de la rencontre. Affaire à suivre…

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