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Vaisselle réemployable, le Snarr et la FEB réclament de la cohérence !

17 Décembre 2019 - 1420 vue(s)
Alors que le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire est débattu depuis le 9 décembre à l’Assemblée Nationale, le Snarr et la FEB, syndicats représentant les enseignes de restauration rapide et réseaux de boulangerie, réclament de la cohérence et appellent à une concertation. L’objectif, évaluer réellement les impacts environnement du recours à la vaisselle réutilisable que le gouvernement souhaiterait imposer pour les consommations sur place.

Depuis le 20 novembre dernier et le vote surprise par les députés LaREM des amendements visant notamment à interdire la vaisselle à usage unique pour les produits et boissons consommés sur place, c’est l’effervescence dans les rangs des professionnels de la restauration. Le 3 décembre dernier, 8 chaînes de restauration rapide avaient déjà écrit au Président de la République un courrier « alerte » pour témoigner de leur incompréhension. Et, ce, alors qu’un certain nombre d’engagements allant dans le sens de la mise en place de démarche de tri et de réduction du plastique avaient été pris il y a quelques mois à peine à la demande même de la secrétaire d’Etat à la transition écologique Brune Poirson… Vent debout donc, c’est au tour du Syndicat National de l'Alimentation et de la Restauration Rapide (Snarr) et de la Fédération des Entreprises de Boulangerie (FEB) de s’étonner de cette situation en publiant, ce jour, un communiqué commun. Sans s’y opposer catégoriquement, ils réclament toutefois clairement « une politique publique cohérente et pérenne car cette mesure est totalement contradictoire avec la demande de déploiement du tri en salle et les mesures d’écoconception des emballages pour lesquelles des investissements massifs ont d’ores et déjà été engagés ». Et appellent donc à une concertation pour mesurer et optimiser les impacts environnementaux réels du recours à la vaisselle réutilisable citant notamment ceux de la consommation d’eau et de détergents.

Une pression de plus en plus forte sur la profession

Le Snarr et la FEB rappellent ainsi les initiatives déjà prises ces dernières années en faveur de la transition écologique. Parmi elles, l’arrêt dès 2019 des pailles plastiques, devançant ainsi les obligations règlementaires, afin de réduire drastiquement l’exposition au plastique. Et en allant même, pour certaines enseignes, jusqu’à sa disparition complète prochainement ! La récupération des huiles de fritures usagées et transformées en biocarburant, la mise en place de systèmes robustes de « reverse logistique » pour la réduction de la consommation électrique ou encore la valorisation des déchets font aussi partie des exemples rappelés par les syndicats.

« Dans ce contexte, l’ensemble des entreprises de restauration a souhaité répondre volontairement à l’invitation du Gouvernement pour atteindre l’objectif de 100 % de restaurants équipés pour le tri des déchets à horizon 2021 et, ce, malgré un contexte de double réglementation confirmée par l’Ademe qui a créé pour l’ensemble des enseignes une situation floue et ambigüe », indique-t-on dans le communiqué.

Une « volonté » matérialisée le 11 juin 2019 par le fameux contrat d’engagement signé auprès du gouvernement et de Brune Poirson en faveur du tri des déchets avec un certain nombre de démarches engagées depuis par la profession.

Des mesures a contrario des engagements pris en juin dernier...

Ainsi, si les syndicats indiquent comprendre les objectifs visés par l’utilisation de vaisselle réutilisable, ces mesures seraient en totale contradiction avec les engagements initiaux du Gouvernement. D’où une stupéfaction totale ! Pour les enseignes engagées dans le déploiement du tri sélectif, ces mesures reviendraient à changer complètement l’orientation gouvernementale auprès des filières, et à arrêter brutalement la stratégie et les investissements importants envisagés et initiés en matière de recyclage des déchets et d’écoconception des emballages. « De plus, cette mesure a un impact très direct sur l’activité économique et sociale des partenaires engagés aux côtés des restaurateurs, que ce soit au niveau des filières de tri et de valorisation, ou encore au niveau de la mise à disposition d’emballages durables en papier et carton, souvent produits par des PME françaises, s’indigne-t-on au Snarr et à la FEB. Cette incohérence manifeste questionne aujourd’hui la crédibilité des différentes directions qui sont prises de façon paradoxale sur ces questions, pourtant stratégiques ». C’est pourquoi ceux-ci appellent de leurs vœux une véritable concertation sur la question pour statuer sur ces mesures sachant que, selon les syndicats, des premiers tests menés par une enseigne de restauration rapide auraient permis d’évaluer un premier impact sur la surconsommation d’eau de l’ordre de 500 000 m3 d’eau par an, uniquement pour les enseignes du secteur. Cette surconsommation d’eau équivaudrait, à elle seule, à la consommation mensuelle d’eau d’une ville comme Bordeaux ! « Cette mesure […] poserait enfin des questions centrales de distorsion de concurrence entre les différents acteurs de la restauration disposant ou non d’un espace de dégustation sur place (boulangeries, superettes de centre-ville avec un espace dégustation, stations-services) qu’il serait important d’évaluer », ajoute-t-on du côté des syndicats. Suite au prochain épisode donc...!

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