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Carrefour veut multiplier par 3, la part du snacking d’ici à 2022

11 Juin 2019 - 7769 vue(s)
Au même titre que le bio, le snacking est l’un des deux axes stratégiques de développement de Carrefour pour les années à venir. En témoigne la nomination cet été, d'un patron restauration international et transversal à tous les formats de magasins. Pour Alexandre de Palmas, le directeur exécutif proximité qui intervenait au 10e Congrès du Snacking, l’objectif est de multiplier par 3 la part du snacking d’ici à 2022. Nouvelle version du concept Bon App’ qui ouvre cette semaine à Paris, nouvelles gammes de produits à marque, nouvelles réflexions autour de la création de véritables food halls au sein des magasins, la restauration est devenue l’une des priorités pour le groupe qui pèse 6 md€ de chiffre d’affaires, 5 300 magasins en France dont 4 000 en proximité. Extraits.

Pourquoi la proximité est devenue une priorité pour les distributeurs qui réinvestissent les centres villes ? Et les attentes des consommateurs sont-elles différentes aujourd’hui ?

Avec la destructuration des modèles familiaux traditionnels, la hausse du coût de l’essence, les mobilités qui sont complètement repensées, le commerce de proximité dans toutes ses formes, revient en force. Avec le e-commerce, c’est le segment le plus en croissance en France. L’époque de la voiture reine est révolue tout comme celle où l’on passait une journée en famille dans son hypermarché avec un Caddie® même s’il faut garder à l’esprit que la distribution génère des flux très importants avec près de 1,2 million de Français qui passent tous les jours les portes d’un hypermarché Carrefour en France. Les attentes des consommateurs quant à elles, sont sensiblement les mêmes qu’il y a 5 ans, c’est la pondération des critères qui est différente. Lorsqu’on interroge le consommateur, dans le retail toutes enseignes confondues, il ressort 3 critères de choix d’une enseigne de retail : la praticité, le choix et le prix. La praticité, qui était déjà le critère le plus important il y a 5 ans se renforce encore. Le prix, s’il reste majeur est en baisse alors que le choix est à peu près stable. Le consommateur valorise la praticité, c’est-à-dire la proximité et la disponibilité en magasin.

En quoi ces évolutions ont redistribué les cartes en termes d’agencement et d’offre ? Vos concurrents sont actifs dans la réécriture de la proximité autour du snacking. Où en est Carrefour avec Bon App’ notamment ?

La proximité traditionnelle était jusqu’alors positionnée dans une logique de dépannage. On allait surtout faire ses courses en hyper, et on complétait en cas d’urgence, ou d’invité surprise, dans les magasins de proximité. Les lignes sont en train de bouger avec des urbains qui font de plus en plus leurs courses complètes en proximité. L’offre couvre d’ailleurs maintenant toutes les unités de besoins en PGC comme en produits frais. Le retail doit s’orienter de plus en plus vers le hors domicile et vers des formes de snacking. Déjà, il y a 10 ans, lorsque nous avons créé Carrefour City, on entrait sur un espace de snacking disposé en entrée de magasin à côté du rayon fruits et légumes pour envoyer un double message de fraîcheur et de praticité. Notre enseigne Bon App’ avait d’ailleurs été par la suite imaginée dans cette logique de très grande praticité, simplicité et de prix assez agressifs. Si elle répond très bien aux zones de flux gares et aéroports notamment, en revanche, le bilan est plus mitigé en centre-ville où elle doit encore raconter une histoire dans un cadre réinventé. Une nouvelle version va voir le jour prochainement à Paris avec des codes plus marqués restauration (NDLR : le nouveau modèle rabaptisé Bon Appétit, 100 % snacking a ouvert au 77, rue Rambuteau à Paris avec un espace de restauration élégant et des places assises).

Bon Appétit par carrefour à Paris 77 rue Rambuteau - façade de l'enseigne

Le snacking est donc un sujet fort pour le groupe ? Quelle est votre réflexion sur le sujet et sur la restauration en général ?

Alexandre de Palmas Congrès du Snacking

"Face à un marché du hors domicile qui est appelé à fortement grossir, chacun y a un rôle à jouer" Alexandre de Palmas, directeur exécutif proximité Carrefour Group.

Le snacking devient un axe majeur pour Carrefour notamment en proximité. Notre objectif est de multiplier par 3, la part du snacking dans notre chiffre d’affaires en 2022. C’est aussi un sujet majeur dans les plus grands formats de magasins. C’est même une de nos deux plus grandes priorités dans les 5 ans à venir au même titre que les produits bio. Suivant la taille des magasins et de leurs emplacements, nos réponses seront à géométrie variable. Quoiqu’il en soit, nous sommes très à l’écoute de l’innovation produit ; la fraîcheur est au cœur de notre nouvelle politique du mieux manger baptisée Act for food. Nous sommes en attente de propositions de la part des fournisseurs pour des sandwichs et salades du jour, des packagings avec portions individuelles et des couverts intégrés pour plus de praticité et de rapidité. Le hors domicile est pour nous une grande source d’inspiration. Nos gammes dédiées au snacking, Bon App’ et Bon App’ L’envie du jour vont être repensées et modernisées aux côtés de nos fournisseurs. De même, sur les grands formats de magasins où nous avons été les pionniers à travailler avec des opérateurs de restauration sous forme de kiosques comme avec Sushi Daily, de nouvelles réflexions sont en cours. La grande question à se poser aujourd’hui est de déterminer notre territoire et de trancher sur nos grands métiers : que fabrique-t-on nous-même ? Que sous-traite-t-on ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? Produit-on sur place face aux clients ? Des réponses à trouver et un cap stratégique à passer mais de nouvelles expériences vont voir le jour chez Carrefour cet été.

Donc les distributeurs sont appelés à devenir des restaurateurs à part entière ? Notre profession doit-elle craindre cette nouvelle concurrence avec l'arrivée de la distriration ?

A l’heure où les surfaces dédiées au non alimentaire se réduisent considérablement libérant de l’espace, la notion de food hall au sein même des magasins fait son chemin. Mais là aussi se pose la question de la manière de construire une offre et de fixer les frontières avec des restaurateurs mais aussi avec les gestionnaires de galeries qui mènent de gros projets en la matière. Le distributeur, lorsqu’il sera parvenu à passer cette barre de la production et de la capacité à transformer lui-même, sera un restaurateur à part entière. Quant à la question de savoir si la restauration doit s’inquiéter de notre intérêt marqué pour le sujet, je ne pense pas. Face à un marché du hors domicile qui est appelé à fortement grossir, chacun y a un rôle à jouer. Et croyez-moi, la très grande créativité et l’agilité de la restauration lui donnera toujours une longueur d’avance tant qu’elle sera innovante et apportera des concepts puissants et marqués.  

Remis à jour le 12 juin 2019

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