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Hôtellerie-Restauration, la sortie de crise sera longue

24 Juin 2020 - 8051 vue(s)
Non, le retour à la normale pour notre économie ne sera pas pour demain. Ni pour après-demain d’ailleurs si l'on se fie aux conclusions du cabinet de conseil Roland Berger qui publie une étude sur les différents scénarios de sortie de crise. Parmi les plus fortement touchés, le secteur de l'hôtellerie-restauration ne devrait pas retrouver ses niveaux d'avant-crise avant le deuxième semestre 2023.

La crise sanitaire liée au COVID-19 et les mesures de confinement qui en ont résulté ont entraîné un choc économique aussi bien sur l’offre que sur la demande sur l’ensemble du continent européen au premier semestre 2020. Après ce choc initial, ainsi désigné par le cabinet Roland Berger, et qui se sera étalé sur ce premier semestre 2020, la majorité des pays de l’Union entame aujourd’hui une deuxième phase qui devrait couvrir le second semestre 2020. Celle de la transition sanitaire. L’offre et la demande y sont toujours impactées par les restrictions mais l’activité commence à reprendre dans un cadre bien spécifique. Quant à l’étape suivante, celle de la reprise économique, il faudra se montrer très patient. Puisque selon les experts protagonistes de l’étude, elle n’interviendra que lorsque le virus sera maîtrisé et les contraintes sanitaires complètement levées, sur une période allant de 2021 à 2023. Pour à terme aboutir à une situation de nouvelle normalité à partir de 2024, construite sur la base des nouveaux modes de consommation.

Un sortie de crise encore très lointaine et incertaine

Le rapport dresse également trois scénarios de sorties de crise plus ou moins optimistes, conditionnés par trois incertitudes : l’approvisionnement, à savoir la capacité des entreprises à redémarrer leur production rapidement ; la demande (la confiance des ménages et des investisseurs) mais aussi les délais, imposés par les pouvoirs publics pour des raisons sanitaires. Malheureusement, dans ces projections, le secteur dit de l’hospitalité – incluant celui de l’hôtellerie-restauration – et le secteur des biens de consommation non essentiels, directement impactés par l’évolution de la consommation des individus pendant et après le confinement, font partie des secteurs les plus touchés et qui devraient retrouver la voie de la croissance le plus tardivement. Le cabinet n’anticipe un retour aux niveaux de revenus d’avant-crise qu’aux 2e semestre 2023 et 1er semestre 2024… D’autant que le confinement et l’incertitude sanitaire et économique peuvent avoir durablement impacté les habitudes de consommation des consommateurs.  

« Les secteurs les plus fortement affectés par les mesures de précautions sanitaires auront besoin d’une aide spécifique durant cette période », soulignent d’ailleurs les conclusions de l’étude Roland Berger.

Des actions de soutien publiques et privées à mener

Pour le cabinet Roland Berger, les scénarios envisagés dépendront des leviers de relance actionnés. « L’ensemble des acteurs aussi bien privés que publics doit se mobiliser pour surmonter les conséquences économiques de la crise. Cette mobilisation doit être coordonnée afin d'être prête à faire face à la concurrence extra-européenne dans un contexte de nouvelle normalité ».  Cela demande plus concrètement de protéger le tissu économique pour garantir les conditions de la reprise, en soutenant la trésorerie des entreprises mise à mal pendant le confinement, avec des investissements publics importants (d’ores et déjà 1 800 milliards d'euros annoncés par les Etats européens, et 500 milliards annoncés par l’Union Européenne). Mais aussi de soutenir la reprise de la demande dans un contexte de contraintes sanitaires fortes, en aidant les entreprises à transformer leur offre pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation, notamment via un soutien des acteurs publics (digitalisation, automatisation, …). Le cabinet préconise aussi de conserver un sensible budget R&D et modernisation, malgré le contexte qui pourrait inciter à se concentrer sur la rentabilité à court et moyen terme, et d’identifier des sources potentielles de financement, notamment via la fiscalité (pour protéger les acteurs européens) et l’épargne (accumulée pendant le confinement et orientée vers l’économie européenne)

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